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Soudan: 600 morts en 16 mois dans les combats avec les rebelles dans le sud

16/10/2012 01:11 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

Plus de 600 personnes ont été tuées depuis que les rebelles ont repris les armes contre Khartoum dans deux Etats du sud du Soudan en 2011, a déclaré mardi le ministre de l'Intérieur, des chiffres jugés peu significatifs par un analyste.

Dans un rare rapport sur le bilan des victimes, le ministre de l'Intérieur Ibrahim Mahmoud Hamed a déclaré devant le Parlement que 296 personnes avaient été tuées au Kordofan-Sud dans les combats avec les rebelles de la branche nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-N) en juin 2011, et 147 cette année.

"La plupart des victimes sont des civils", a dit M. Hamed, sans préciser qui les avaient tués.

Dans l'Etat du Nil Bleu, les combats avec le SPLM-N ont fait 159 morts en 2011 et 41 depuis le début de l'année, a poursuivi le ministre.

Ces chiffres ne sont "pas crédibles", estime l'analyste soudanais Magdi el-Gizouli. "Il n'y a pas moyen de savoir combien de personnes ont été tuées", déclaré à l'AFP ce chercheur du Rift Valley Institute, selon qui le gouvernement n'est pas en mesure de déterminer le nombre de victimes dans les zones qu'il ne contrôle pas.

Les chiffres des deux côtés doivent être traités avec beaucoup de précaution, estiment des analystes.

Un nombre croissant de personnes affamées fuient les zones de combats pour se rendre au Soudan du Sud voisin, où plus de 173.000 sont actuellement accueillis dans des camps, selon l'ONU qui fait état en outre de plusieurs centaines de milliers de déplacés ou de personnes gravement affectées par les violences aux Kordofan-Sud et au Nil BLeu.

Le porte-parole de la branche nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-Nord), Arnu Ngutulu Lodi, dit ne pas être en mesure de donner un bilan de morts, mais il a appelé à une enquête internationale sur cette question.

"A présent les rebelles au Kordofan-Sud et au Nil Bleu ciblent les civils", après avoir perdu "leur source de financement" du Soudan du Sud, a dit le ministre soudanais de l'Intérieur au Parlement.

La semaine dernière, les rebelles ont lancé une violente attaque contre la capitale du Kordofan-Sud, Kadougli, affirmant riposter à des bombardements de l'armée soudanaise. Six femmes et enfants ont été tués et 22 personnes blessées lors de ces bombardements, selon des sources officielles soudanaises.

L'ONU a condamné ces bombardements, intervenus alors que le Soudan et le Soudan du Sud ont signé fin septembre des accords censés mettre fin aux tensions entre les deux pays, prévoyant notamment la mise en place d'une "zone frontalière démilitarisée en cours d'activation".

Cette zone-tampon vise à éviter les affrontements et à couper les lignes d'approvisionnement des groupes rebelles actifs au Kordofan-Sud et au Nil-Bleu, que Khartoum accuse Juba de soutenir.

Les Etats du Kordofan-Sud et du Nil-Bleu, frontaliers du Soudan du Sud, sont le théâtre de combats entre armée et rebelles depuis la partition du Soudan à l'été 2011.

Les rebelles du SPLM-N ont repris les armes contre Khartoum en juin 2011 après avoir combattu aux côtés des Soudanais du Sud durant plus de deux décennies de guerre civile qui ont abouti à un accord de paix en 2005 et à l'indépendance du Soudan du Sud en 2011.

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