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Raids aériens sur une région clé du nord de la Syrie, Brahimi au Caire

16/10/2012 05:03 EDT | Actualisé 15/12/2012 05:12 EST

Les troupes du régime cherchaient mardi, à coups d'intenses raids aériens, à reprendre aux rebelles une région clé pour le passage des renforts militaires vers le nord de la Syrie, déchirée par plus d'un an et demi de conflit.

Ni le régime de Bachar al-Assad ni la rébellion n'ont encore réagi à l'appel lancé la veille par le médiateur international Lakhdar Brahimi pour une trêve dans les combats durant la grande fête musulmane d'Al-Adha fin octobre et rien ne permet pour le moment d'espérer un arrêt des hostilités.

M. Brahimi se trouve au Caire, 5e étape de sa nouvelle tournée régionale destinée à tenter de trouver une issue à la guerre civile déclenchée par la répression brutale d'une contestation populaire en mars 2011 et qui a fait en 19 mois plus de 33.000 morts selon une ONG syrienne.

L'armée mène depuis 48 heures une contre-attaque pour reprendre des positions clés, surtout la ville de Maaret al-Noomane située sur l'autoroute Damas-Alep. Les renforts militaires doivent nécessairement l'emprunter pour se rendre dans le Nord, les régions rurales alentour étant tenues par la rébellion.

En prenant Maaret al-Noomane dans la province d'Idleb, le 9 octobre, les rebelles ont coupé cette route internationale, et ils attaquent depuis systématiquement tous les renforts l'empruntant, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les raids aériens aux alentours de cette ville sont "les plus intenses" depuis la prise de Maaret al-Noomane et les batteries anti-aériennes des rebelles y ont riposté, a déclaré à l'AFP le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

"L'armée loyaliste tente de regrouper et de masser ses forces pour reprendre Maaret al-Noomane mais n'arrive pas à faire parvenir les renforts", selon lui.

Dans la région d'Alep, plus au nord, où se déroulent depuis trois mois des combats acharnés, d'intenses affrontements se déroulaient dans plusieurs quartiers.

Plus au sud à Homs (centre), surnommée "capitale de la Révolution" par les militants, le quartier de Khaldiyé, que le régime tente de contrôler, est pilonné depuis l'aube, ainsi que la ville rebelle de Talbissé.

Dans la province de Damas, les forces du régime bombardaient la ville de Douma et le quartier insurgé de Jobar, dans l'est de la capitale.

Ces violences surviennent au lendemain d'une nouvelle journée sanglante à travers la Syrie durant laquelle 151 personnes ont péri -78 civils, 46 soldats et 27 rebelles-, selon l'OSDH.

Le conflit n'a pas épargné le patrimoine historique. Joyau d'Alep, une partie de la Grande Mosquée des Omeyyades, contrôlée par les forces loyalistes, a subi d'importants dommages en raison des combats.

Face au blocage des efforts internationaux et à l'escalade des combats, M. Brahimi a appelé à un cessez-le-feu symbolique pour l'Aïd al-Adha, la grande fête musulmane célébrée cette année du 26 au 28 octobre, en soulignant "l'urgence de mettre fin au bain de sang".

Mais aucun des deux belligérants n'a réagi à cet appel, témoignant de leur détermination à se battre jusqu'au bout. M. Brahimi doit séjourner plusieurs jours au Caire et rencontrer notamment le chef de la Ligue arabe Nabil al-Arabi.

Le 10 octobre, les autorités de Damas avaient rejeté un appel du chef de l'ONU Ban Ki-moon à décréter un cessez-le-feu unilatéral.

Le conflit en Syrie se double d'une crise ouverte avec la Turquie voisine -qui soutient la rébellion et héberge plus de 100.000 réfugiés syriens- depuis la mort le 3 octobre de cinq civils turcs dans la chute d'un obus syrien près de la frontière.

Après l'interception la semaine dernière par la Turquie d'un avion de ligne syrien Moscou-Damas qui convoyait du matériel militaire selon Ankara, les Etats-Unis ont demandé lundi aux pays voisins de la Syrie de surveiller leur espace aérien.

"Nous encourageons tous les voisins de la Syrie à être vigilants quant à l'utilisation de leur espace aérien, particulièrement maintenant que nous avons un cas concret", selon le département d'Etat.

Enfin, une journaliste ukrainienne travaillant en Syrie et favorable au régime de Bachar al-Assad a été enlevée par des rebelles, ont annoncé lundi les autorités ukrainiennes.

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