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Québec: un magnat du BTP, soupçonné de liens avec la mafia, jette l'éponge

16/10/2012 12:21 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

Un important magnat québécois du bâtiment, Tony Accurso, soupçonné d'être l'un des animateurs d'un réseau de malversations liant BTP, mafia et politiciens, a annoncé mardi qu'il prenait sa retraite, au moment où une commission d'enquête ne cesse de faire des révélations.

Ce riche et influent entrepreneur, dont les sociétés génèrent un chiffre d'affaires annuel évalué à 1,2 milliard de dollars, en a averti ses 3.500 employés dans une lettre que s'est procurée la chaîne privée TVA.

"J'ai pris la décision de me retirer complètement du monde des affaires, et ce, tant pour des raisons personnelles que pour ce que je crois être de l'intérêt du Groupe", a-t-il indiqué.

Poursuivi pour "fraude envers le gouvernement", "corruption dans les affaires municipales", "abus de confiance" et évasion fiscale, il a expliqué vouloir "laisser la place à des gens plus jeunes et plus énergiques" afin que ses entreprises "surmontent les défis à venir".

Les activités frauduleuses qu'il est soupçonné d'avoir dirigées, auraient selon certains témoignages des ramifications politiques menant jusqu'au gouvernement libéral de Jean Charest, qui a dirigé le Québec pendant neuf ans, jusqu'au mois dernier.

Son retrait des affaires intervient alors que la province francophone vibre au rythme des révélations de la Commission d'enquête Charbonneau qui cherche à faire la lumière sur les stratagèmes de corruption utilisés dans le bâtiment, y compris leurs liens avec le financement de partis politiques.

Appels d'offres truqués, cartel dirigé par des hommes d'affaires d'origine italienne, fonctionnaires corrompus et hommes politiques redevables de la mafia: le témoignage livré depuis plusieurs jours par un homme d'affaires, Lino Zambito, ayant participé à ces malversations, a confirmé les enquêtes menées par certains médias.

Et donné à Montréal des allures de Palerme.

Tony Accurso a lui-même été mis en cause dans plusieurs reportages, à l'origine de la constitution de cette commission d'enquête.

Après avoir d'abord mis fin aux lourdes poursuites en diffamation lancées contre la télévision publique Radio-Canada, qui l'avait présenté comme étant à la tête du cartel régnant sur le milieu de la construction, il avait commencé à passer les rênes de ses entreprises à sa fille fin 2011.

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