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Les négociations de paix avec les FARC s'ouvrent mercredi à Oslo

16/10/2012 07:39 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

OSLO - Les négociations de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) s'ouvrent mercredi à Oslo, en Norvège, en vue de mettre fin au conflit qui a fait des dizaines de milliers de victimes depuis les années 60.

Un accord signé à La Havane le 26 août entre des représentants des FARC et du gouvernement colombien détermine les points principaux qui seront traités lors des pourparlers: réforme agraire — à l'origine du conflit —, participation politique, trafic de drogue, victimes et indemnisations, fin du conflit et application de l'accord de paix.

En dehors d'une conférence de presse qui se tiendra mercredi à Oslo, les médias n'auront pas accès au lieu de réunion, qui restera secret, ainsi que le programme.

La dernière tentative de négociations entre Bogota et la guérilla d'inspiration marxiste fondée en 1964 s'était soldée par un échec en 2002. Les FARC avaient refusé tout cessez-le-feu, tout en poursuivant les enlèvements contre rançons et le trafic de cocaïne, leur principale source de financement.

L'ancien président colombien Andrés Pastrana (1998-2002), qui a présidé ces derniers pourparlers, s'interroge sur l'efficacité de cette nouvelle tentative de négociations. «Les FARC, sont-ils engagés dans ce processus de paix?», s'est interrogé celui qui, en 1998, s'était réuni en secret avec le fondateur des FARC, aujourd'hui décédé, Manuel Marulanda, pour mettre en place les négociations. «Je ne suis pas très sûr, mais je l'espère».

Les FARC, qui comptent actuellement quelque 9000 combattants, ont subi au cours des dernières années d'importants revers militaires, dont la perte en novembre 2011 de leur numéro un, Alfonso Cano. Le mouvement concentrait ces opérations dans plus de la moitié des 1102 communes colombiennes pendant les années 90 alors que, dans l'actualité, ils ne sont opérationnels que dans 70 communes, selon le ministère de la Défense colombien.

Début avril 2012, les FARC ont libéré leurs derniers «prisonniers politiques», des policiers et militaires détenus depuis 12 à 14 ans, et annoncé avoir renoncé aux enlèvements.

En septembre, dans une interview à l'hebdomadaire communiste Voz, le chef du mouvement, Timoleon Jimenez, 53 ans, s'est dit prêt à entamer le dialogue avec les autorités colombiennes et à trouver une sortie politique pacifique au conflit.

Parmi les médiateurs du groupe rebelle à Oslo se trouve Ricardo Palmera, alias Simon Trinidad, qui purge une peine de 60 ans de prison aux États-Unis. Cet ancien banquier a été condamné pour avoir séquestré trois entrepreneurs militaires américains dont l'avion de surveillance s'est écrasé en territoire rebelle en 2003 à cause d'un problème technique. Les trois hommes ont été rescapés en 2008 avec l'ancienne candidate à la présidentielle Ingrid Betancourt lors d'une opération très sophistiquée menée par les unités spéciales colombiennes.

Le procureur général de Colombie a déclaré que M. Palmera pourrait participer aux pourparlers d'Oslo par vidéoconférence.

La Colombie est un pays qui présente des inégalités importantes quant au partage des terres fertiles. Dans les années 80, des paysans ont formé des milices d'extrême droite pour faire face aux enlèvements et à la corruption exercée par les rebelles des FARC.

Plus d'un million de personnes ont été déplacées par ces milices ces cinq dernières années (cinq millions depuis 1985), selon le Cabinet de conseil en droits humains et déplacements Codhes.

Quatorze mille propriétaires concentrent 60 pour cent des terres fertiles, tandis que 2,5 millions des paysans ne possèdent que 20 pour cent des terres, selon Alejandro Reyes, directeur de l'Institut colombien de développement rural Incoder.

L'ancien président Belisario Betancur, qui a tenté de mettre fin au conflit avec les FARC entre 1982 et 1986, s'est montré optimiste sur les négociations d'Oslo. Il a toutefois souligné qu'une fin du conflit ne mettra pas un terme aux inégalités et à la pauvreté que subit le pays.

Les pourparlers devaient démarrer lundi mais ils ont été reportés en raison de fortes pluies en Colombie, selon le journal El Espectador.

Les négociations entre Bogota et la guérilla devraient continuer fin octobre à Cuba, pays qui sert de médiateur dans le conflit.

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