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Le président du Chili accueilli froidement par les Mapuches dans le sud du pays

16/10/2012 08:05 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

SANTIAGO, Chili - La police chilienne a eu recours à des canons à eau mardi pour repousser des manifestants autochtones mapuches armés de bâtons et de pierres lors d'une visite du président Sebastian Piñera dans la région d'Auracania, dans le sud du pays.

Le président Piñera a reçu un accueil froid de certains leaders mapuches, qui estiment que le gouvernement a ignoré leurs demandes sur la propriété des terres et l'autonomie de la communauté. Les chefs autochtones demandent aussi la libération de quatre Mapuches en grève de la faim depuis 51 jours pour protester contre leur mise en accusation pour tentative de meurtre sur un policier et port illégal d'armes lors d'un raid des forces de l'ordre.

L'un des chefs mapuches, Jorge Huenchullan, a déclaré que 15 membres de la communauté Temucuicui avaient été arrêtés mardi matin pour avoir installé des affiches critiquant Sebastian Piñera, le président le plus impopulaire au Chili depuis le général Augusto Pinochet.

«Nous protestons parce que ce président est en territoire mapuche et qu'il vient se promener ici sans offrir de solution efficace à nos demandes», a déclaré M. Huenchullan à l'Associated Press.

Les Mapuches ont résisté à la conquête espagnole pendant 300 ans et leur désir d'autonomie reste fort. Ce n'est qu'en 1881 qu'ils ont été défaits militairement et repoussés dans la région d'Araucania, à environ 600 kilomètres au sud de la capitale. La plupart des Mapuches vivent aujourd'hui dans une grande pauvreté.

Les manifestations de Mapuches se sont multipliées au cours des derniers mois dans la région d'Araucania. Des camions servant au transport de billots de bois ont été incendiés par des assaillants non identifiés, tandis que de petits groupes radicaux de Mapuches ont mené des attaques sporadiques contre la police. Les policiers sont par ailleurs accusés de violents abus contre les membres de cette communauté autochtone.

Sebastian Piñera s'est rendu dans la région pour réviser un nouveau plan du gouvernement visant à aider les communautés mapuches. Lors d'une réunion avec des chefs mapuches, il s'est fait demander de libérer les quatre membres de la communauté accusés de violences, mais le président a rejeté la demande. Les quatre grévistes de la faim ont été transférés d'une prison vers un hôpital après avoir perdu beaucoup de poids depuis le début de leur grève, le 27 août.

«La grève de la faim n'est pas un mécanisme légitime ni efficace», a déclaré le président Piñera. «Ceux qui ont commis des crimes et qui ont été condamnés par le système judiciaire, peu importe leur ethnie ou leur origine, sont redevables devant la loi.»

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