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Le cellulaire est une source de conflits entre parents et enfants

16/10/2012 11:43 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

PARIS - Parmi les parents d'enfants qui ont un téléphone cellulaire, 61 pour cent estiment que ce dernier est à l'origine de conflits, selon un sondage TNS Sofres pour l'Union nationale des associations familiales (UNAF) et Association Action Innocence dévoilé mardi.

D'après ce coup de sonde réalisé en France auprès de parents d'enfants équipés de cellulaires, l'achat de l'appareil est le plus souvent une initiative des parents: 61 pour cent d'entre eux considèrent cette acquisition comme une «fatalité» et «un passage obligé».

Parmi les enfants qui possèdent un cellulaire, 45 pour cent des 10-15 ans et un tiers des enfants de 10 ans possèdent un téléphone dit «intelligent».

Plus de trois fois sur quatre, la première raison de l'achat évoquée par les parents est la volonté de pouvoir joindre leur enfant et de pouvoir être joint à n'importe quel moment. Mais cette raison semble vite devenir un sujet de conflit entre les parents et leur enfants, surtout quand ces derniers ne répondent pas à leurs appels.

Quelque 61 pour cent des parents indiquent que les conflits liés au cellulaire sont fréquents. Cette proportion augmente à 69 pour cent quand les enfants possèdent un téléphone «intelligent».

Environ un tiers des parents (34 pour cent) craignent que leur enfant ne devienne dépendant de son cellulaire, et 27 pour cent s'inquiètent d'une utilisation «trop importante».

D'après les conclusions de l'enquête, le téléphone cellulaire a un «réel impact sur l'emploi du temps des enfants».

Pour ceux qui utilisent un téléphone «intelligent», le temps consacré à l'appareil est encore plus important que pour les autres. Dans l'ensemble, selon ce sondage, 68 pour cent des adolescents ou pré-adolescents envoient des messages texte plusieurs fois par jour.

Conséquence attendue: il est fréquent que les parents réglementent leurs enfants sur l'utilisation du téléphone, par exemple en leur interdisant de répondre durant les repas ou les devoirs (68 pour cent des cas). Les adultes contrôlent aussi la facture détaillée des cellulaires, que ce soit pour contrôler les coûts (69 pour cent) ou pour surveiller les contenus (51 pour cent). Rares sont les parents qui utilisent le contrôle parental, toutefois: ils ne sont que 7 pour cent.

«Le téléphone cellulaire perturbe la relation parent/enfant et rend l'entrée dans l'adolescence plus précoce», estime François Fondard, président de l'UNAF, dans un commentaire accompagnant l'étude.

«À dix ans, un tiers des enfants équipés d'un cellulaire ont un téléphone "intelligent", et ils peuvent donc à tout moment avoir accès à Internet. Le rôle du parent ne se résume pas à l'achat de l'appareil; il s'agit également d'accompagner l'enfant dans son utilisation et d'instaurer le dialogue», suggère pour sa part Elizabeth Sahel, responsable d'Action Innocence France.

Le sondage a été réalisé en France par téléphone, en septembre 2012, auprès d'un échantillon national représentatif de 1000 parents d'enfants âgés de 10 à 15 ans équipés d'un téléphone mobile.

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