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Le Cambodge prie pour Sihanouk avant le retour de sa dépouille

16/10/2012 02:34 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

PHNOM PENH, Cambodge - Les Cambodgiens priaient mardi pour l'ancien roi Norodom Sihanouk pendant que les leaders du monde transmettaient leurs condoléances, au moment où le pays se préparait au retour de la dépouille.

Sihanouk a succombé à une crise cardiaque à l'âge de 89 ans, lundi à Pékin, où il était soigné depuis janvier pour une multitude de problèmes de santé. Les responsables s'attendent à ce qu'au moins 100 000 personnes longent le chemin entre l'aéroport de Phnom Penh, où son corps est attendu mercredi, et le Palais royal, où il sera exposé en chapelle ardente pendant une semaine de deuil national.

Tard lundi soir, le premier ministre cambodgien Hun Sen a ordonné aux stations de télévision et de radio du pays de ne diffuser ni musique, ni émissions susceptibles de manquer de respect à la mémoire du défunt. Sihanouk avait abdiqué en 2004 à la faveur de son fils, Sihamoni.

Le corps de Sihanouk sera conservé au palais pendant trois mois. Le public pourra lui rendre hommage pendant cette période, avant que la dépouille ne soit incinérée en respect avec la tradition bouddhiste.

Une centaines de moines et de nonnes bouddhistes ont chanté et prié pour Sihanouk mardi, pendant une cérémonie d'une durée d'une heure organisée dans une pagode à proximité du Palais royal.

Des gerbes de fleurs avaient été déposées le long du mur du palais mardi. Des dizaines de Cambodgiens, surtout des personnes âgées, ont quitté les régions du pays à destination de la capitale après avoir été informées du décès de l'ancien roi.

Né le 31 octobre 1922, Sihanouk a connu une enfance choyée en Indochine, alors colonie française. C'est Paris qui l'installe sur le trône en 1941. Il est alors jugé plus malléable et influençable que les héritiers directs de la couronne. Après l'indépendance du pays, Sihanouk démissionne en 1955, mais il reste malgré tout présent à la tête de l'État.

Chassé du pouvoir par un coup d'État soutenu par Washington en 1970, il part en exil en Chine. Il rentre au pays et accepte de coopérer avec les Khmers rouges, en leur donnant une forme de légitimité auprès du peuple, un épisode que certains ne lui ont toujours pas pardonné.

Pourtant, Sihanouk a lui même subi le génocide perpétré de 1975 à 1979 par le régime des Khmers rouges, avec la mort de cinq de ses enfants et son emprisonnement. Condamné à mort, il ne doit la vie qu'à l'intervention du dirigeant chinois Zhou Enlai.

De nouveau contraint à l'exil en Chine puis en Corée du Nord, il retrouve son pays et le trône en 1993, au cours d'une cérémonie traditionnelle khmère.

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