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La FNAC renonce à financer le festival de la bande-dessinée d'Angoulême

16/10/2012 01:43 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

PARIS - Le Festival de bande dessinée d'Angoulême fêtera en janvier 2013 ses 40 ans sans l'appui financier de la Fédération nationale d'achats (FNAC).

Jusqu'alors principal soutien financier de l'événement, l'enseigne de biens culturels a choisi d'y renoncer pour des raisons économiques. La FNAC souhaite développer son propre prix de bande-dessinée.

Le manque à gagner, estimé à 250 000 euros (environ 32 000 $CAN), est important pour les organisateurs du principal événement français consacré au 9ème art, qui vont devoir chercher d'autres mécènes.

«Nous ne cachons pas qu'il y a une dynamique financière à cette décision», explique une porte-parole de l'enseigne interrogée par l'agence de presse Sipa, confirmant une information parue mardi dans La Charente libre.

«Nous cherchons à nous recentrer sur des événements que nous organisons nous-mêmes, comme notre prix du roman ou le festival "Fnac Live" à Paris-Plage», poursuit la porte-parole de la FNAC.

«Nous voulons ainsi faire émerger le Prix de la BD FNAC, qu'on a lancé dans le cadre d'Angoulême (décerné en 2012 à «Portugal», de Pedrosa, NDLR), mais qui manque de visibilité parmi les 11 prix décernés».

Ce prix sera attribué à un autre moment de l'année, selon la FNAC, qui compte bien continuer à profiter de la visibilité d'Angoulême et de la bonne santé de la bande dessinée. «Le mois de janvier est une période phare pour la BD, nous proposerons toujours à nos clients un parcours mettant en avant la sélection du festival.»

Cette décision survient peu après l'annonce par Pinault-Printemps-La Redoute de son intention de céder la FNAC en l'introduisant en Bourse. La société possède 163 magasins, dont 88 en France, et emploie 18 600 personnes.

«Nous sommes un dommage collatéral des difficultés de la FNAC», croit Franck Bondoux, directeur de Neuvième Art+, qui organise le festival d'Angoulême. Il assure que le retrait de son principal mécène a été «anticipé» et qu'il ne «met pas en péril» le 40e festival.

S'il refuse, comme la FNAC, de communiquer le montant de la subvention, celle-ci s'élèverait à 250 000 euros (environ 32 000 $CAN) selon La Charente libre. Les partenariats représentent d'après M. Bondoux le quart du budget du festival. Le directeur de 9ème art + indique donc «travailler» pour dénicher d'autres partenaires.

«Mais le vrai sujet, c'est la distribution des biens culturels. Tous les gens qui aiment la culture ont intérêt à ce que la FNAC se trouve un avenir», poursuit Franck Bondoux, remerciant même l'enseigne au passage pour son soutien pendant les cinq dernières années.

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