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De l'importance de l'attitude dans le débat présidentiel américain

16/10/2012 12:20 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

NEW YORK, États-Unis - Écoutez. Restez concentré. Soyez respectueux. Poli. N'ayez pas l'air de vous ennuyer, d'être en colère, distrait ou sarcastique. Ces principes semblent simples mais Barack Obama et Mitt Romney ne devront pas les oublier lors de leur débat de mardi avec le public, car les deux candidats à la présidence seront observés, non seulement lorsqu'ils parleront, mais également lorsqu'ils écouteront.

Et cela n'a jamais été aussi vrai que dans cette élection. Les petits gloussements sceptiques du vice-président démocrate Joe Biden, les prises de notes abondantes de Barack Obama ou encore les grosses gorgées d'eau de Paul Ryan ont nourri des discussions sans fin et pourraient laisser plus de traces que le fond de leur discours.

Si les écrans divisés en plusieurs fenêtres, montrant chacune un candidat, ont été utilisées plus que d'habitude, c'est parce que les débatteurs sont très expressifs lorsqu'ils ne parlent pas, explique Marc Burstein, producteur des émissions politiques d'ABC News.

«Cela faisait partie de l'histoire», a dit M. Burstein. «Je ne ferais pas bien mon travail si je ne donnais pas à mes spectateurs l'opportunité de voir ça», ajoute-t-il.

Voici donc quelques conseils aux candidats pour le débat de mardi soir à Hempstead, New York.

- Ce n'est pas un examen écrit

Tout le monde prend des notes à un moment ou un autre, mais lors du premier débat présidentiel le 3 octobre, Barack Obama a donné l'impression de rédiger tout un discours pendant que Mitt Romney s'exprimait. Or cela lui a porté préjudice.

«Cela peut paraître impoli. Le candidat donne l'impression de ne pas être attentif et de ne pas réellement écouter ce que dit son adversaire, ou d'être perdu dans ses pensées», analyse Lilian Glass, un comportementaliste de Los Angeles.

- Ce n'est pas un spectacle comique

Beaucoup ont pu apprécier les mimiques et les petits rires de Joe Biden lors du débat face au républicain Paul Ryan, mais c'est à double tranchant.

M. Biden s'en est bien sorti grâce à sa stature, son âge (69 ans), son expérience, explique Jonathan Paul, coach à l'université de Georgetown. «Imaginez si ce n'était pas le vice-président mais Paul Ryan qui avait fait ces grimaces. Je ne pense pas que la réaction aurait été la même», dit-il.

Oubliez le sourire condescendant ou le rire déplacé, conseille aussi Lilian Glass, «les gens jugent sur ce qu'ils voient autant que sur ce qu'ils entendent».

- Restez attentif et poli

Il faut apparaître attentif à tout moment et rester poli. Jerry Shuster, qui enseigne la communication politique à l'université de Pittsburgh, conseille d'«avoir des contacts visuels directs, de se pencher vers son interlocuteur, éventuellement de hocher de la tête».

- Bon, pas trop poli quand même

À trop hocher de la tête d'un air attentif, vous aurez l'air d'accord avec votre adversaire. À en croire Kathleen Hall Jamieson, enseignante en communication politique à l'Université de Pennsylvanie, «les candidats devraient éviter le hochement de tête approbateur autrement que pour un hommage à nos soldats, un compliment à leur épouse ou un remerciement à l'établissement d'accueil» du débat.

- Interrompre? D'accord, mais prudemment

L'interruption est un art. Il ne faut pas laisser dire n'importe quoi mais pas non plus avoir l'air agressif. Il faut interrompre son adversaire «avec autorité mais sans adopter un ton méprisant à l'encontre de son interlocuteur», recommande Jerry Shuster. Il suggère de faire «un signe de la main» et de commencer par quelque chose comme «Je pense que je dois vous arrêter immédiatement pour répondre».

- De la modération en tout

Les experts s'accordent à dire que l'équilibre entre la politesse et l'agressivité, la passion et le contrôle de soi est difficile à atteindre. Mais la règle à suivre est de ne pas forcer le trait dans un sens ou dans un autre. «Je dis toujours à mes étudiants que les gens ne doivent pas voir qu'ils font plusieurs fois la même chose, parce qu'ils trouveront toujours cela négatif», dit Jonathan Paul.

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