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«Cinquante nuances de Grey»: le best-seller porno soft sort mercredi en France

16/10/2012 10:50 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

PARIS - Le best-seller porno soft «Fifty Shades of Grey» de la Britannique E. L. James se dévoile mercredi en France sous le titre de «Cinquante nuances de Grey», premier volume d'une trilogie qui a conquis des millions de lecteurs, dont une majorité de lectrices, dans le monde entier.

Entre 40 et 50 millions d'exemplaires du premier tome ont été vendus dans plus d'une trentaine de pays depuis sa sortie en Australie en 2011, selon l'agence littéraire anglaise ILA. Publié en France par les éditions JC Lattès, qui rêve de réitérer en VF ce phénomène éditorial inattendu, le titre bénéficie d'une mise en place record de 350 000 exemplaires, pour une impression initiale de 530 000 exemplaires, comme l'indique à Sipa son éditeur.

Romance matinée de sado-masochisme, la trilogie est à l'origine du phénomène du «mommy porn», le porno pour maman, aux États-Unis. Ce sont en effet des lectrices, non amatrices de littérature romantique ou érotique à la base, qui ont frissonné les premières à la lecture de cette histoire d'amour, de sexe et de soumission.

Renversement des usages: ces mères de famille ont plébiscité le téléchargement des volumes sur leurs tablettes numériques, échappant ainsi aux regards puritains de leurs proches et des inconnus. Le bouche-à-oreille féminin a ensuite permis de faire connaître «Fifty Shades» et a assuré son incroyable succès malgré une intrigue caricaturale mais envoûtante.

Anastasia Steele, une étudiante en littérature timide, vierge mais romantique rencontre Christian Grey, un jeune magnat des télécommunications aussi séduisant que traumatisé par une enfance violente. Richissime, l'entrepreneur dont s'éprend rapidement la jeune femme est également un sado-masochiste fervent et convainc sa partenaire de se laisser dominer en devenant sa «soumise».

Son auteure, Erika Leonard James, productrice pour la télévision et mère de famille britannique, signe ses premiers ouvrages avec cette trilogie. La quadragénaire s'est lancée dans l'écriture selon le principe de la «fan fiction»: elle a imaginé, sur le web, une suite pimentée des aventures d'Edward et Bella, héros de la saga pour adolescents «Twilight».

Intitulé «Master of the Universe», repéré et adulé sur le site fanfiction.net, son contenu est retravaillé et expurgé de ses références à «Twilight» afin d'être distribué par la maison d'éditions australienne Writer's Coffee Shop en 2011. La trilogie est ensuite publiée aux États-Unis et en Grande-Bretagne en 2012.

La maison d'édition Vintage Books aurait acquis les droits d'édition pour plusieurs millions de dollars, Universal et Focus ont eux mis la main sur les droits cinématographiques. Les supputations sur les acteurs choisis pour incarner les deux héros font déjà couler beaucoup d'encre, dans la presse comme sur internet.

La version française, longue de 553 pages, a repris la couverture initiale du livre: une cravate — qui servira à attacher l'héroïne — sur un fond uni dans les teintes gris-bleu. Pour les fans qui ne manqueront pas de se déclarer dans l'Hexagone, la sortie des tomes suivants, «Cinquante nuances plus sombres» et «Cinquante nuances plus claires», est programmée pour début 2013.

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