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Choc à Wall Street après la démission surprise de Vikram Pandit (Citigroup)

16/10/2012 10:23 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

Citigroup a pris Wall Street par surprise mardi en annonçant sans explication le départ de son directeur général Vikram Pandit et celle du numéro deux John Havens, au lendemain de la publication des résultats trimestriels de la banque américaine.

Michael Corbat, vétéran de Citi avec près de 30 ans d'expérience dans toutes les activités de l'entreprise, va succéder à M. Pandit après avoir été élu "à l'unanimité" par le conseil d'administration (CA) dont il devient membre.

"C'est une surprise totale", a admis Erik Oja, analyste de Standard & Poor's, interrogé par l'AFP.

Vikram Pandit s'est expliqué dans un court mémo transmis aux employés. "Après cinq années extraordinaires j'ai décidé de démissionner", dit-il dans ce document obtenu par l'AFP. "Les résultats d'hier montrent clairement que nous avons redressé l'entreprise".

Le bénéfice du troisième trimestre publié lundi est ressorti en chute de 88%, principalement à cause d'une lourde charge due à la dépréciation de sa part dans la coentreprise de courtage avec Morgan Stanley, qu'elle vient de céder à son ex-partenaire.

Hors éléments exceptionnels, les résultats ont toutefois témoigné d'une amélioration des activités de base du groupe, notamment l'immobilier.

L'action a fini en hausse de 1,61% à 37,25 dollars mardi après avoir déjà bondi de 5% la veille.

Toute la journée, les spéculations ont couru sur les réseaux sociaux et dans la presse financière pour comprendre ce départ.

Pour le Wall Street Journal, qui citait des sources proches du dossier, M. Pandit a jeté l'éponge en raison d'un différend avec le CA sur la stratégie et les résultats du groupe.

Lors d'une conférence d'analystes, le président du CA Michael O'Neill et M. Corbat ont démenti ces informations sans fournir d'autre explication.

M. O'Neill a répété trois fois: "Vikram a présenté sa démission et nous l'avons acceptée".

"Contrairement aux spéculations, aucun différend stratégique, réglementaire ou opérationnel n'a précipité la démission de (...) Vikram, qui est une personne d'une intégrité impeccable, et qui a mené avec succès Citi à travers la pire récession depuis 75 ans", a affirmé M. O'Neill.

Il a ajouté que le CA travaillait depuis deux ans sur un plan de succession et que Michael Corbat était "au centre" de ces réflexions.

Le nouveau patron de Citigroup a annoncé qu'il étudierait les comptes du groupe au cours des prochaines semaines et que cela déboucherait sur des "changements".

Citigroup qui fut la première banque américaine avant la crise, quand son ex-dirigeant et fondateur Sandy Weill en avait fait un mastodonte financier, s'est retrouvée l'une des institutions financières du pays les plus fragilisées par la crise.

Sous la houlette de Vikram Pandit, la société s'est refait une santé, éliminant les activités les plus risquées et réduisant son périmètre pour se recentrer sur les activités bancaires de base.

Lors de la conférence, certains analystes ont toutefois reproché à la direction l'absence d'annonces stratégiques alors que l'action de Citi a perdu 89% pendant le règne de M. Pandit.

M. O'Neill a également nié qu'un désaccord sur la paie de l'ex-dirigeant soit à l'origine de son départ, comme l'avaient suggéré certains analystes.

M. Pandit est arrivé chez Citi en 2007 à la faveur du rachat de son fonds d'investissement, qui lui a rapporté plus de 165 millions de dollars. Il a fait polémique en touchant 38 millions de dollars en 2008 alors que la firme, au bord de la faillite, avait reçu 45 milliards de dollars d'aides gouvernementales.

Il a renoncé à son salaire en 2009 et 2010, dans l'attente du retour aux bénéfices, survenu en 2010, mais les actionnaires ont voté en avril contre le projet de lui accorder une rémunération de 15 millions de dollars pour 2011.

ved/sl/sam

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