PARIS - Chaque fois, c’est pareil : Robert Charlebois revient à Paris après une absence plus ou moins longue et tout de suite les retrouvailles, forcément chaleureuses, prennent des allures de triomphes.

Ce coup-ci, ça se passe à l’Européen, une jolie salle ronde de la Place Clichy (500 places) où Charlebois s’est installé mardi soir pour une série de cinq concerts à guichet fermé.

La première s’est déroulée devant une salle bondée, où prenaient place les fidèles amis et compagnons de route de Charlebois: le parolier et académicien Jean-Loup Dabadie, le romancier et chanteur culte David MacNeil, Luc Plamondon et Julien Clerc.

À 68 ans, cinq mois après la sortie en France de son dernier album «Tout est bien», Robert Charlebois revient donc à Paris avec sa voix profonde et son énergie, fidèle à lui-même, à la fois grave et léger, toujours irrésistible quand il se met au piano et aussi bluffant quand il empoigne sa guitare. Intemporel en somme.

Le tour de chant dure près de deux heures, en incluant plusieurs rappels. Charlebois y reprend ses classiques (Ordinaire, Je reviendrai à Montréal, Vivre en ce pays, J’veux d’l’amour, Entre deux joints, etc.) et quelques titres récents.

Au moment où se rallument les lumières, une partie du public continue d'applaudir, espérant prolonger le plaisir.

La chanteuse Marie-Jo Thério, elle, ne cache ni son enthousiasme ni son émotion.

«Quelle énergie, quelle générosité. Qu’est-ce que je l’aime», s'exclame-t-elle.

Comme à son habitude, Robert Charlebois s’est entouré de musiciens de grand talent : l’étonnant Steve Gagné à la batterie, Dominique Lanoie et Daniel Lacoste, à la guitare, à la basse et aux ukulélés...

Le spectacle a été présenté environ 150 fois au Québec. Fort de son triomphe à L'Européen, Robert Charlebois partira en tournée en France au printemps, une tournée qui le ramènera à Paris, au magnifique Trianon, à Pigalle.

Robert Charlebois n’était pas venu à Paris depuis cinq ans. En 2004, il s’était déjà produit à l’Européen (six fois à guichet fermé aussi) puis à l’Elysée Montmartre. En 2006, il était passé à la Cigale avant de retrouver le Bataclan en 2007. Que des bonnes salles.

Cela reflète la cohérence et la constance de son parcours. De tous les chanteurs qui sont passés en France ces dernières décennies, Robert Charlebois reste l'un des plus connus, une sorte de valeur sûre, assez sûre pour avoir eu (en septembre) les honneurs de «Vivement dimanche», l’émission de l’inamovible Michel Drucker.