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Canada: les pirates d'Anonymous veulent venger le suicide d'une adolescente

16/10/2012 01:13 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST
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Le suicide d'une adolescente canadienne qui se disait victime de harcèlement sur le web est devenu un événement des médias sociaux: sa vidéo a été vue par des millions de personnes sur YouTube et les pirates du groupe Anonymous ont entrepris de la venger.

Amanda Todd, une lycéenne de 15 ans de Port Coquitlam, dans l'ouest du Canada, s'est suicidée le 10 octobre.

Un mois plus tôt, elle avait envoyé sur la plateforme de diffusion de vidéos un court film composé de cartons blancs où elle avait décrit avec un gros marqueur noir les mauvais traitements dont elle affirmait avoir fait l'objet.

Elle y admettait notamment avoir envoyé, via une webcam, l'image de ses seins nus à un internaute qui l'avait ensuite affichée sur internet et lui avait demandé de "faire un show" pour lui.

Lundi soir, les hackers du groupe Anonymous ont affiché sur l'internet une vidéo affirmant que cette "abomination allait être punie".

Ils ont déclaré connaître l'identité de l'homme en question et donné son nom et son adresse, dans la région de Vancouver. Selon la chaîne de télévision CTV, l'intéressé a reconnu avoir connu Amanda, mais a dit avoir été son ami et avoir indiqué à la police le véritable coupable.

L'incident de la photo, survenu il y a trois ans, avait entraîné chez la jeune fille des crises de panique et de dépression. Sa famille avait déménagé, mais son état ne s'était pas amélioré et elle a cherché refuge dans la drogue et l'alcool.

La photo a ressurgi sur la toile et elle a dû changer d'école une nouvelle fois. Elle a eu aussi un conflit avec ses camarades d'école, ayant eu un flirt poussé avec le petit ami d'une autre élève. Jetée à terre et battue, elle a ensuite tenté de se suicider.

La vidéo d'Amanda a été vue dans un premier temps par quelques milliers de personnes. Mais lorsqu'elle a été évoquée dans les médias après son suicide, elle a attiré d'innombrables internautes du monde entier.

Au Canada, sa mort a relancé le débat sur la "cyber-intimidation". La Première ministre de la province de Colombie-Britannique, Christy Clark, a lancé l'idée d'engager une discussion nationale sur l'opportunité de faire de la cyber-intimidation un délit puni par la loi.