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Au moins 90 personnes tuées dans des frappes aériennes dans le nord de la Syrie

16/10/2012 11:19 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

BEYROUTH - L'armée syrienne a pilonné des bastions des rebelles dans le nord du pays mardi, tuant au moins 90 personnes, selon des militants de l'opposition.

Les frappes aériennes visaient les provinces d'Alep et d'Idlib, toutes deux frontalières de la Turquie. Des militants ont affirmé qu'il s'agissait des pires bombardements depuis que les rebelles ont pris le contrôle de la localité de Maaret al-Numan, dans la province d'Idlib, le 10 octobre. La ville est située le long de la principale autoroute reliant Alep aux autres villes plus au sud, dont Homs et la capitale, Damas.

Le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdul-Raman, a déclaré que les frappes aériennes, les pires depuis des semaines, étaient «concentrées et intensives». Selon lui, les avions militaires ont mené 12 raids en une heure dans la région de Maaret al-Numan.

M. Abdul-Raman, dont l'organisation s'appuie sur un réseau de sources sur le terrain, a déclaré qu'au moins 90 personnes avaient été tuées mardi dans les raids aériens et les tirs d'artillerie. Les Comité locaux de coordination, une autre organisation de l'opposition syrienne, ont rapporté un bilan de 96 morts.

Les combats se sont également poursuivis à Alep, la capitale économique du pays, qui compte trois millions de résidants. Des militants ont également rapporté des frappes aériennes sur la ville d'Al-Bab, dans la province d'Alep.

L'organisation Human Rights Watch a rapporté dimanche des allégations voulant que les forces syriennes utilisent des bombes à sous-munitions, bannies dans la plupart des pays. L'armée syrienne a nié ces allégations dans un communiqué publié lundi soir, affirmant qu'elles sont «sans fondement et font partie de la propagande médiatique visant à détourner l'opinion publique internationale des crimes commis par les groupes terroristes armés».

À Genève, le Programme alimentaire mondial (PAM) a déclaré mardi avoir fourni de l'aide à environ 1,4 million de personnes dans différentes régions de la Syrie en septembre, tout en précisant que certaines régions ne sont pas accessibles aux travailleurs humanitaires à cause des combats.

«Il y a des zones que personne n'arrive à atteindre», a déclaré la porte-parole du PAM, Elizabeth Byrs, devant les journalistes. Les travailleurs humanitaires, dont ceux du Croissant-Rouge syrien, n'arrivent pas à se rendre dans les régions de Homs, d'Alep, de Daraa et dans les régions rurales autour de la capitale, a-t-elle précisé.

Le PAM prévoit fournir une aide alimentaire à 460 000 réfugiés syriens d'ici la fin de l'année. En date de mardi, il y avait 343 871 Syriens officiellement enregistrés comme réfugiés, selon le porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, Adrian Edwards. La grande majorité d'entre eux ont trouvé refuge dans les pays voisins, soit l'Irak, la Jordanie, le Liban et la Turquie.

Le nombre de Syriens réfugiés en Turquie a récemment dépassé la barre des 100 000, selon le gouvernement turc.

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