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À quand des élections en Ontario?

16/10/2012 10:15 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

Aucune date de scrutin n'a été fixée à la suite de la démission-surprise du premier ministre Dalton McGuinty, lundi soir. Toutefois, selon nombre d'observateurs, le nouveau chef libéral pourrait déclencher des élections après le dépôt d'un budget le printemps prochain.

Les libéraux avaient été réélus pour un troisième mandat de suite en octobre 2011, mais à la tête d'un gouvernement minoritaire.

M. McGuinty a appelé son parti à organiser une course à la direction « le plus rapidement possible ». Il demeurera en poste jusqu'au choix de son successeur, lors d'un congrès à une date indéterminée.

Celui qui a été surnommé le « premier ministre papa » indique que les négociations contractuelles se poursuivront entretemps avec les enseignants et les employés de la fonction publique afin d'en arriver à des accords négociés. En raison de la prorogation des travaux de l'Assemblée législative, le projet de loi spéciale contre les enseignants, qui prévoyait un gel salarial et la suspension de leur droit de grève, va mourir au feuilleton.

Le prochain chef libéral devra faire face au cynisme et à lassitude de nombreux Ontariens, après trois mandats sous Dalton McGuinty.

Le premier ministre démissionnaire a tiré le Parti libéral vers la droite, notamment en voulant imposer un gel salarial aux enseignants, en plus de chercher à suspendre leur droit de grève durant deux ans. Mais cette ligne dure lui a coûté, selon nombre d'observateurs, la victoire lors d'une élection partielle dans la circonscription de Kitchener-Waterloo en septembre dernier. Le NPD a remporté le siège.

Le nouveau chef libéral devra donc décider s'il a plus de votes à gagner en maintenant ce virage à droite ou en ramenant le parti vers la gauche.

Gauche ou droite?

La cote de popularité de la chef néo-démocrate Andrea Horwath est à la hausse depuis son ascension à la tête du parti en 2009. Toutefois, le système électoral de l'Ontario, le système majoritaire uninominal à un tour, défavorise les néo-démocrates. En d'autres mots, malgré la remontée du NPD dans les intentions de vote, il serait très difficile pour le parti de remporter suffisamment de sièges pour prendre le pouvoir, comme en 1990 sous Bob Rae.

Mardi matin, Mme Horwath a critiqué la décision de M. Mcguinty de proroger les travaux législatifs. Elle accuse les libéraux de « prendre des vacances » et de ne pas avoir voulu « assumer leurs responsabilités », faisant notamment référence à la controverse entourant la coûteuse annulation de projets de centrales électriques à Oakville et à Mississauga.

Pour sa part, le chef conservateur Tim Hudak a été vivement critiqué à la suite de sa défaite lors des élections générales de 2011. Il a laissé lui filer entre les doigts l'avance qu'il détenait dans les sondages au début de la campagne. Par ailleurs, il a été sur la défensive récemment au sujet de la question de l'avortement.

Toutefois, il pourrait tirer avantage du besoin de changement qu'expriment de nombreux Ontariens, selon les sondages. Les conservateurs promettent de sortir l'Ontario du rouge avant l'échéancier de 2017-2018 qui a été fixé par le gouvernement McGuinty.

M. Hudak a écrit au premier ministre démissionnaire pour lui demander de rappeler les députés à Queen's Park immédiatement.

Par ailleurs, mardi matin, M. Hudak est revenu à la charge avec son plan de prolonger le métro à Toronto, plutôt que de construire des lignes de tramways qui gêneraient la circulation automobile. Le chef conservateur a tenu un point de presse en compagnie de conseillers municipaux, dont le frère du maire Rob Ford, qui s'opposent au projet actuel du gouvernement McGuinty.

Les conservateurs n'ont pas précisé où ils trouveraient les milliards supplémentaires nécessaires pour des lignes souterraines, plutôt que des tramways en surface. Le maire-adjoint de Toronto Doug Holyday a suggéré d'utiliser une partie des recettes d'un futur casino, un projet qui divise les Torontois. Pour sa part, le chef conservateur s'est contenté de dire qu'il utiliserait les huit milliards de dollars déjà promis par les libéraux et que des investissements additionnels dépendraient des finances publiques.

Pour sa part, le maire de Toronto, Rob Ford, affirme qu'il est « temps d'avoir des élections » en Ontario. Le maire d'allégeance conservatrice « s'attendait » à la démission du premier ministre McGuinty, dont le gouvernement était « accablé par de multiples scandales ». M. Ford affirme que « l'un des gouvernements (Ontario) les plus puissants au monde ne peut pas rester dans un état de paralysie. » Il faut des élections, dit-il, notamment pour protéger l'économie.

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