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Le gouvernement des Philippines signe un accord de paix avec le Front Moro

15/10/2012 05:19 EDT | Actualisé 15/12/2012 05:12 EST

MANILLE, Philippines - Les rebelles du Front Moro de libération islamique (FMLI) ont signé un accord préliminaire de paix avec le gouvernement philippin lundi, une première étape importante visant à mettre fin à un conflit qui a ensanglante le sud de l'archipel depuis plus de 40 ans.

L'accord préliminaire accorde à la minorité musulmane l'autonomie dans une région du sud des Philippines qui s'appellera le Bangsamoro.

Le texte a été signé lors d'une cérémonie très solennelle au palais présidentiel de Manille, en présence du négociateur du gouvernement, Marvic Leonen, et de son homologue du FMLI, Mohagher Iqbal. Le président philippin Benigno Aquino III et le dirigeant du groupe rebelle, Al Haj Murad Ebrahim, étaient également présents, ainsi que le premier ministre malaisien Najib Razak, qui a participé au processus d'accord.

«Nous sommes des dirigeants qui voulons faire la différence», a déclaré Najib Razak, soulignant qu'il s'agissait de faire preuve de grandeur morale. L'accord «protégera les droits des habitants de Bangsamoro et préservera la souveraineté et l'intégrité du territoire des Philippines», a-t-il ajouté.

Le premier ministre malaisien a admis que cet accord ne «résout pas tous les problèmes, mais il met en place les paramètres grâce auxquels la paix peut être atteinte». «Après quatre décennies, la paix est à notre portée», a ajouté Najib Razak.

L'accord détaille les principaux enjeux, dont l'étendue des pouvoirs accordés au FMLI, les revenus dont il pourra disposer et le tracé de la région autonome musulmane. Un accord final de paix devrait être signé en 2016, à la fin du mandat présidentiel de M. Aquino, selon les autorités.

En 2008, un précédent accord de paix avait échoué quand la Cour suprême l'a déclaré contraire à la Constitution. Trois commandants insurgés avaient alors attaqué des communautés chrétiennes, provoquant une réponse militaire qui avait fait plus de 100 morts et 750 000 déplacés. Depuis, un cessez-le-feu a permis de faire diminuer les violences.

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