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Israël: le Parlement s'apprête à décréter des élections anticipées

15/10/2012 07:23 EDT | Actualisé 15/12/2012 05:12 EST

La Knesset, le Parlement israélien, s'apprête à voter sa dissolution lundi dans la perspective des élections législatives qui devraient avoir lieu le 22 janvier, pour lesquelles le Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu part grand favori.

Une procédure "accélérée" doit permettre de voter dans la journée un projet de loi de dissolution de la chambre, a précisé Yariv Levin, le président de la commission chargée des affaires internes de la Knesset.

Ce texte sera présenté lundi après-midi après l'ouverture de la nouvelle session à 16H00 locales (14H00 GMT).

Il doit être en principe adopté en première lecture, puis passer en commission avant de revenir devant le Parlement en séance plénière pour être approuvé en deuxième puis définitivement en troisième lecture en fin de soirée.

Pour être entériné, ce projet de loi, qui fixera la date du scrutin anticipé, doit être approuvé par une majorité absolue de 61 députés sur 120, a précisé à l'AFP le porte-parole de la Knesset, Yotam Yakir.

Selon les commentateurs, la dissolution de la Knesset devrait être votée sans obstacle, après que le gouvernement a approuvé dimanche la proposition de M. Netanyahu de tenir les élections le 22 janvier.

M. Netanyahu a justifié sa décision d'avancer la date des élections, qui auraient dû normalement avoir lieu dans un an exactement, en expliquant qu'il n'était pas en mesure de faire adopter par sa majorité actuelle un projet de budget d'austérité pour 2013.

Selon deux sondages publiés en fin de semaine dernière, la coalition de droite formée par le Likoud, le parti du Premier ministre, et par des formations religieuses et ultra-nationalistes a creusé l'écart face aux partis d'opposition du centre et de gauche.

M. Netanyahu a toutefois subi un sérieux revers ce week-end avec le départ inattendu d'un des piliers du Likoud.

Moshé Kahlon, le ministre le plus populaire, a provoqué un coup de théâtre en annonçant qu'il se retirait de la vie politique. "J'ai décidé de faire une pause et de ne pas me présenter", a affirmé dans une lettre ouverte M. Kahlon, le ministre des Communications et des Affaires sociales.

M. Kahlon était arrivé en tête des candidats à la députation du Likoud lors des précédentes primaires du parti en 2006.

Une fois entré au gouvernement, sa popularité n'a cessé de grimper grâce à sa politique d'ouverture du marché des téléphones portables qui s'est traduite par une concurrence exacerbée entre différents opérateurs et une baisse spectaculaire des tarifs pour les particuliers.

M. Kahlon n'a pas expliqué les raisons de son geste. Mais selon les médias, son retrait serait motivé par le refus de Benjamin Netanyahu de lui promettre le poste de ministre des Finances en cas de victoire électorale.

D'origine sépharade (juive orientale), M. Kahlon s'est donné une image de ministre "social" en se prononçant par exemple contre le projet de budget 2013 lors d'un vote au sein du gouvernement.

Selon le commentateur politique Hanan Crystal, cette défection constitue un "coup dur" pour Benjamin Netanyahu.

"Le Likoud avance sur deux pieds: la sécurité, mais aussi le social, un front très important pour le soutien populaire parmi les sépharades" qui forment la majorité de la population israélienne, souligne Hanan Crystal.

"Or Moshé Kahlon était un des rares sépharades du gouvernement", relève-t-il en expliquant que M. Netanyahu "va devoir s'efforcer de trouver des candidats sépharades notamment parmi les maires des villes défavorisée pour ne pas perdre cet électorat populaire".

jlr/agr/sw

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