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Guantanamo: le retour des accusés du 11-Septembre

15/10/2012 02:07 EDT | Actualisé 15/12/2012 05:12 EST

Les accusés des attentats du 11-Septembre ont comparu lundi, pour la première fois depuis leur mise en accusation, devant la justice militaire à Guantanamo, qui doit décider si le secret planant autour des tortures qu'ils ont subies doit être levé.

Cette audience vise à préparer le procès qui ne devrait pas s'ouvrir avant un an à Guantanamo, après onze années de rebondissements depuis les attentats et la vaine tentative de l'administration de Barack Obama de l'organiser devant un tribunal de Manhattan.

Le Pakistanais Khaled Cheikh Mohammed, alias KSM, qui a revendiqué "de A à Z" les attaques de 2001, est apparu un turban blanc sur la tête, lisant de temps à autre un journal en caressant son épaisse barbe teinte au henné.

Assis sans entrave sur des bancs séparés, mais chuchotant de temps en temps entre eux, ses co-accusés, les Yéménites Walid Ben Attach et Ramzi ben al-Chaïba, le Saoudien Moustapha al-Houssaoui et le Pakistanais Ammar al-Baluchi, neveu de KSM, étaient vêtus de tuniques traditionnelles et de turbans ou coiffes blanches sur la tête.

L'un d'eux a déroulé son tapis de prière pendant une suspension d'audience, pendant que neuf proches des victimes des attentats assistaient à la scène derrière une paroi vitrée.

Ces détenus "de grande valeur", incarcérés à Guantanamo dans des conditions d'extrême sécurité, ont marqué leur première apparition en cinq mois devant la justice par une participation plus active que lors de la lecture de l'acte d'accusation le 5 mai.

Après une tentative avortée de les juger en 2008, KSM et ses acolytes avaient alors défié le juge James Pohl par leur refus obstiné de répondre aux questions.

Barbe noire et lunettes, le Saoudien Houssaoui, accusé d'être le financier du complot du 11-Septembre, a invoqué "le nom d'Allah" avant de citer celui de l'avocat civil spécialiste de la peine de mort dont il veut désormais s'entourer.

Il a répondu sans résistance aux questions du juge sur un potentiel conflit d'intérêts impliquant son avocate, qui avait auparavant défendu un de ses co-accusés. Interrogé, le Yéménite al-Chaïba, qui devait être un des pirates de l'air le 11-Septembre mais s'était fait refuser son visa, n'y a vu "aucune objection".

Accédant à une demande de la défense, le juge a autorisé les accusés à se faire excuser et à ne pas assister aux débats, mais ils doivent "comprendre leurs droits et leurs options", a-t-il souligné.

Le colonel Pohl a pris cette décision, effective dès mardi, après un bref bras de fer avec un avocat qui désirait "parler de la torture" endurée par les accusés pendant quatre ans et demi.

Le capitaine Michael Schwartz, défenseur militaire de M. Ben Attach, un proche d'Oussama ben Laden qui dirigeait le camp d'entraînement d'Afghanistan où deux des pirates de l'air ont été formés, a estimé qu'il fallait parler des "intimidations physiques et émotionnelles" pour décider de leur présence ou de leur absence au tribunal. Mais le juge s'y est opposé catégoriquement, refusant d'entendre "un argument sans fondement".

Avec 11 des 25 recours consacrés à la censure, l'audience, qui doit s'étaler sur cinq jours, sera centrée sur le secret que le gouvernement veut maintenir sur les déclarations des accusés, en raison des mauvais traitements assimilés à de la torture qu'ils ont subis pendant leur détention dans des prisons de la CIA.

Le gouvernement invoque la sécurité nationale tandis que la défense, soutenue par 14 médias et l'association de défense des libertés civiles Aclu, demande au juge d'assurer la publicité et la transparence des débats.

Cette audience, initialement programmée en juin, a été retardée plusieurs fois. La semaine dernière, le juge James Pohl a refusé de la reporter à nouveau à la demande des avocats qui dénonçaient la présence de rats, de moisissure et d'excréments de rongeurs dans les bureaux où ils s'entretiennent avec leurs clients.

chv/sam/jca

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