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Des organismes d'aide aux itinérants interpellés par la mort de Joëlle Tshernish Brisson

15/10/2012 04:57 EDT | Actualisé 14/12/2012 05:12 EST

La mort de Joëlle Tshernish Brisson, retrouvée sans vie la semaine dernière dans un stationnement du quartier Saint-Roch, sème la consternation et interpelle des organismes d'aide aux itinérants.

« Ça nous a beaucoup touchés [...] Il faut savoir que ce n'était pas la première cette année non plus. Donc, c'est toujours triste de voir une femme qu'on a côtoyée comme ça mourir dans des circonstances aussi tragiques », a réagi Amélie Bédard, qui travaille au soutien à l'intervention dans le cadre du projet LUNE auprès de l'organisme Projet Intervention Prostitution de Québec (PIPQ).

Joëlle Tshernish Brisson, 31 ans, participait au projet LUNE, qui a pour objectif d'aider les travailleuses du sexe et les toxicomanes à améliorer leurs conditions de vie.

Selon le PIPQ, la mort de la jeune femme, qui demeure encore inexpliquée, met en lumière l'urgence de mettre sur pied une maison d'hébergement pour les femmes de la rue.

« C'est un gros, gros manque à Québec. Il y a très peu de ressources pour les femmes et les ressources qui existent ont des critères très, très, très élevés », déplore Mme Bédard.

Le PIPQ espère être en mesure de mettre sur pied dans les prochains mois un projet pilote de maison d'hébergement pour femmes prostituées et sans-abri.

En 2006, Joëlle Tshernish Brisson a participé à une vidéo produite par l'organisme Homeless Nation. Ce dernier, fondé par le producteur de documentaires canadien Daniel Cross, diffuse des portraits de sans-abri sur son site Internet afin briser les préjugés à leur égard.

« Salut, je m'appelle Joëlle. J'ai 25 ans, je suis née le 3 juin 1981 », commence-t-elle par dire dans la vidéo. La jeune femme, originaire de Betsiamites, semble intimidée par la caméra, mais de bonne humeur. La vidéo dure environ trois minutes.

« Qu'est-ce que je fais dans la vie? Je me promène et j'essaie de me trouver une job [...] Je vois des amis, je m'amuse, je promène ma chienne », raconte-t-elle.

Joëlle Tshernish Brisson dit dans la vidéo avoir choisi la ville de Québec pour se joindre aux Forces armées, mais elle a été refusée en raison de ses antécédents judiciaires. « Je voulais rentrer dans l'armée, mais j'ai trop de dossiers! », avoue-t-elle.

La jeune femme explique avoir eu recours à des organismes comme la Maison de Lauberivière et l'Armée du Salut à Québec.

« As-tu quelque chose à dire aux restants des Canadiens qui sont dans la rue? », demande l'intervieweur à la fin de la vidéo. « Je souhaite que vous sortirez comme moi je suis sortie de la marde », répond Joëlle Tshernish Brisson.

La mort de la jeune femme de 31 ans demeure inexpliquée pour l'instant. Le Service de police de la Ville de Québec poursuit son enquête dans ce dossier.

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