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Corruption au Québec: un ex-entrepreneur met en cause un responsable libéral

15/10/2012 05:39 EDT | Actualisé 15/12/2012 05:12 EST

Le témoin vedette d'une d'enquête sur la corruption au Québec, l'ex-entrepreneur Lino Zambito, a mis en cause lundi un ancien collecteur de fonds de haut rang du Parti libéral, qui a été relégué dans l'opposition aux élections provinciales du 4 septembre.

Au sixième jour de son témoignage devant la commission d'enquête publique, M. Zambito, ancien patron d'une entreprise de bâtiment Infrabec, a affirmé avoir versé 30.000 dollars en numéraire à l'ancien organisateur libéral Pierre Bibeau, en avril 2009, à sa demande.

M. Bibeau le lui avait demandé dans le contexte d'une collecte de fonds au profit de sa compagne, Line Beauchamp, alors ministre de l'Environnement du Québec.

M. Zambito a affirmé qu'il avait remis l'argent à M. Bibeau lors d'un rendez-vous au siège de l'entreprise publique Loto-Québec, où ce dernier occupe toujours un poste de vice-président.

Dans un communiqué publié en fin de journée, M. Bibeau a "dénoncé vivement les allégations" à son égard et n'a pas exclu d'engager des poursuites judiciaires. "Un tort inestimable m'est causé ainsi qu'à tous ceux qui sont pointés du doigt, sans autre forme de procès, dans ces affaires me concernant".

Il s'est cependant dit convaincu que la commission "saura faire la différence entre le vrai et le faux".

Au total, M. Zambito soutient avoir versé plus de 88.000 dollars aux partis politiques du Québec de 2001 à 2009, principalement aux libéraux, en ayant recours à des prête-noms, la plupart d'entre eux étant ses proches.

Il a décrit un système "corrompu et malade" où les partis politiques s'en remettent aux firmes d'ingénieurie pour leur financement, où les ingénieurs sollicitent à leur tour les entrepreneurs de la construction, qui n'ont pas d'autre choix que d'acquiescer pour obtenir des contrats publics.

"Je n'ai pas été un ange. J'ai truqué des appels d'offres, j'ai financé des partis, j'ai corrompu des fonctionnaires, mais le système était fait de telle façon que je n'avais pas le choix, pour travailler", a déclaré M. Zambito.

Ce dernier a également mis en cause le maire de Laval, la troisième ville du Québec, Gilles Vaillancourt, en affirmant que les entrepreneurs devaient verser à un intermédiaire de ce dernier 2,5% de la valeur des contrats publics qu'ils obtenaient dans cette ville. La mairie de Laval a nié ces allégations.

Il y a deux semaines, M. Zambito avait indiqué avoir dû verser 3% de la valeur de contrats obtenus par son entreprise à Montréal au parti du maire Gérald Tremblay, soit plus qu'à la mafia, qui ne prélevait, elle, que 2,5% sur ses contrats.

jl/via/sam

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