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Des Canadiens en grand nombre à Rome pour la canonisation d'une Amérindienne

15/10/2012 12:42 EDT | Actualisé 15/12/2012 05:12 EST
AFP

Au moins 1.500 pèlerins canadiens, dans leur grande majorité amérindiens, doivent gagner Rome cette semaine pour assister dimanche à la canonisation de la première sainte amérindienne, Kateri Tekakwitha, a indiqué lundi un porte-parole de l'épiscopat.

Algonquine par sa mère et Mohawk par son père, la future sainte a vécu dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, d'abord sur un territoire appartenant aujourd'hui aux Etats-Unis, ensuite près de Montréal.

Convertie par les Jésuites, la jeune fille presque aveugle a manifesté une piété et un sens du sacré hors du commun, étonnant les missionnaires, avant de mourir à 24 ans. Selon la légende, son visage fortement marqué par la petite vérole est devenu beau et lisse après son décès.

Plusieurs miracles de guérison lui sont attribués par les Mohawks. L'un d'entre eux, récent, a été officiellement reconnu par le Vatican, ouvrant la voie à sa canonisation, que les catholiques amérindiens attendaient avec impatience depuis sa béatification par Jean Paul II en 1980.

Une dizaine d'évêques canadiens, dont Mgr Richard Smith, archevêque d'Edmonton et président de la conférence épiscopale, et Mgr Lionel Gendron, évêque de Saint-Jean-Longueuil, dans le diocèse duquel se trouvent, à Kahnawake, le sanctuaire de Kateri Tekakwitha et sa tombe, devraient assister à la canonisation célébrée par le pape Benoît XVI, a précisé le porte-parole, René Laprise.

D'importantes cérémonies seront organisées également au sanctuaire de Kahnawake, près de Montréal, où la liturgie vaticane sera transmise en différé sur un grand écran, et au sanctuaire national des Saints Martyrs canadiens à Midland, en Ontario.

La canonisation de Kateri Kahnawake, respectée aussi par les Amérindiens attachés aux traditions animistes, devrait contribuer à apaiser certaines tensions entre ces derniers et l'Eglise catholique.

Le contentieux porte non tant sur les conversions encouragées par les "colonisateurs" européens que sur certaines mesures administratives auxquelles l'Eglise catholique avait été étroitement associée dans le passé. La plus douloureuse d'entre elles a été l'instauration au XIXe siècle d'"écoles résidentielles", très souvent dirigées par des religieux, et dans lesquelles on plaçait des enfants amérindiens enlevés de force à leurs parents pour les "civiliser", en rupture complète avec leur culture traditionnelle.

Un groupe d'anciens élèves de telles écoles --dont les dernières ont été fermées dans les années 1970-- doit aller à Rome pour assister à la canonisation de Kateri Tekakwitha. Signe, pour les catholiques canadiens, que la future sainte pourrait favoriser la réconciliation entre les Amérindiens et leurs compatriotes d'origine européenne.

via/sab/mdm