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Bahreïn appelle l'Iran à cesser de s'ingérer dans ses affaires

15/10/2012 03:59 EDT | Actualisé 15/12/2012 05:12 EST

Le ministère bahreïni des Affaires étrangères a indiqué lundi avoir convoqué le chargé d'affaires iranien à Manama pour lui signifier son rejet des ingérences de l'Iran dans les affaires de Bahreïn.

Dans un communiqué, le ministère a précisé que le sous-secrétaire aux Affaires étrangères bahreïni, Hamad Ahmed al-Amer, a exprimé au diplomate iranien, Mehdi Islami, "la profonde indignation du royaume de Bahreïn des informations faussement attribuées à des responsables bahreïnis sur une demande de médiation iranienne" dans la crise interne de ce pays du Golfe.

Le ministère a affirmé avoir pourtant informé à deux reprises les autorités iraniennes qu'il n'avait aucune intention de solliciter une telle médiation.

"Ce qui se passe à Bahreïn est une affaire purement bahreïnie qui ne nécessite aucune médiation étrangère", a souligné le ministère à propos des manifestations de chiites bahreïnis contre la dynastie sunnite.

Le communiqué bahreïni a été publié après une rencontre entre le chargé d'affaires iranien avec l'ayatollah Issa al-Qassem, chef spirituel des chiites de Bahreïn.

Le Wefaq, principal mouvement de l'opposition chiite, a indiqué, dans un communiqué, que la rencontre s'était déroulée à la demande du diplomate iranien suite à une demande de médiation des autorités bahreïnies.

En réaction, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des affaires arabes et africaines, Hossein Amir Abdolahian, a affirmé que "l'aide" de l'Iran avait été sollicitée par Manama.

Cité par le site du ministère, M. Abdolahian a expliqué que "la demande d'aide de la République islamique pour régler la crise à Bahreïn" fait suite à une rencontre entre le souverain bahreïni et le chef de la diplomatie iranienne en marge du récent sommet à La Mecque de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), à une visite en Iran du ministre bahreïni des Affaires étrangères et au retour à Téhéran de l'ambassadeur de Bahreïn.

"La République islamique a exprimé sa disposition (à mener cette médiation) et a établi des contacts avec des pays impliqués dans la région, mais pour une raison inconnue pour nous la partie bahreïnie ne s'est pas montrée sérieuse et les efforts en ce sens ont été stoppés", a dit le responsable iranien.

Les autorités de Manama soupçonnent l'Iran de sympathie avec les protestations de chiites de Bahreïn, pays secoué depuis l'an dernier par un mouvement de contestation.

Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), 80 personnes ont trouvé la mort depuis le début de la révolte.

Le ministère bahreïni de l'Intérieur a affirmé pour sa part que 700 personnes avaient été blessées, parmi lesquelles des officiers de police.

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