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Les salafistes de Gaza, des groupuscules qui surenchérissent sur le Hamas

14/10/2012 12:40 EDT | Actualisé 14/12/2012 05:12 EST

Les groupes salafistes palestiniens de Gaza, dont l'un des chefs a été tué samedi soir dans un raid aérien israélien, accusent le Hamas de faiblesse face à Israël et dans l'application de la loi islamique.

Se définissant comme "salafistes", c'est-à-dire favorables à un retour aux pratiques de l'islam des origines, ils revendiquent quelques centaines de membres (et des milliers de sympathisants), éparpillés entre divers groupes: Jaïch al-Islam, Jound Ansar Allah, Tawhid wal Jihad, Jaïch al-Oumma, Ansar al-Sunna, et depuis peu, une coalition appelée Majlis Choura al-Moujahidine.

Hicham al-Saedini, 43 ans, chef du Tawhid wal-Jihad et un des fondateurs du Majlis Choura al-Moujahidine, a été tué avec un des ses compagnons alors qu'ils circulaient à moto dans le camp de réfugiés de Jabaliya (nord).

Le plus connu de ces groupes, Jaïch al-Islam (Armée de l'Islam), centré sur un puissant clan familial de Gaza, les Doghmouch, a participé en juin 2006 au rapt du soldat israélien Gilad Shalit, avant d'enlever en 2007 Alan Johnston, correspondant de la BBC à Gaza libéré par le Hamas, qui avait alors annoncé couper les ponts avec ce groupe.

La réalité de leurs liens avec le réseau apparaît cependant ténue, malgré les inquiétudes régulièrement exprimées par le renseignement israélien, en raison en particulier des efforts des responsables palestiniens pour empêcher l'implantation d'Al-Qaïda sur leur sol.

Un temps compagnons de route du Hamas dans sa conquête du pouvoir, ils se sont progressivement éloignés du mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007, jugeant qu'il n'allait pas assez loin dans l'application de la loi islamique.

"Une grande proportion des salafistes jihadistes de Gaza sont d'anciens membres du Hamas ayant quitté le mouvement pour protester contre sa participation aux élections, la non-application de la charia et son assentiment à des cessez-le-feu répétés avec Israël", selon un rapport publié en 2011 par le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG).

Leur fondamentalisme, associé à une volonté de continuer sans relâche à combattre Israël, malgré les consignes d'apaisement du Hamas, les a conduits à plusieurs reprises à la confrontation.

La tension a atteint son paroxysme en août 2009, quand le Jound Ansar Allah a proclamé un "émirat" islamique dans une mosquée de Rafah (sud). Les forces armées du Hamas ont envahi la mosquée et étouffé la tentative dans l'oeuf (24 tués).

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