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Le président israélien demande au Brésil de boycotter l'Iran

14/10/2012 11:18 EDT | Actualisé 14/12/2012 05:12 EST

Le président israélien Shimon Pérès a demandé dimanche au Brésil de boycotter son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad, selon un communiqué de la présidence israélienne.

"Nous attendons du Brésil qu'il boycotte dorénavant d'éventuelles rencontres avec Ahmadinejad", a déclaré M. Pérès au ministre brésilien des Affaires étrangères Antonio Patriota, actuellement en visite officielle en Israël.

En 2010, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui a depuis quitté le pouvoir, avait rencontré M. Ahmadinejad et parrainé un accord proposant d'échanger en Turquie 1.200 kilos d'uranium iranien faiblement enrichi (3,5%) contre 120 kilos de combustible enrichi à 20% fourni par les grandes puissances, pour le réacteur de recherche médicale de Téhéran.

Israël avait alors critiqué l'accord --qui a été ignoré par les grandes puissances-- estimant qu'il allait "compliquer de façon radicale" l'adoption de sanctions contre l'Iran.

"Lorsque nous nous sommes rencontrés en 2010, j'ai dit à l'ancien président Lula que c'était une erreur de s'entretenir avec Ahmadinejad, un dirigeant qui menace de détruire un peuple, qui nie l'Holocauste et qui finance le terrorisme international", a expliqué M. Pérès à M. Patriota.

Israël, considéré comme l'unique puissance nucléaire de la région, un statut sur lequel le pays maintient l'ambiguïté, considère le programme nucléaire iranien comme une menace pour son existence et n'exclut pas une attaque contre les installations nucléaires iraniennes.

"Ne vous méprenez pas, l'Iran est en train de développer des armes nucléaires. Le nucléaire iranien fait planer une lourde menace sur toute la région", a dit M. Pérès à M. Patriota.

"Toutes les options doivent être considérées, nous préférerions tous régler le problème par la négociation ou l'adoption de sanctions économiques, mais si cette voie échoue, il restera l'option militaire qui sera sérieuse et crédible", a-t-il ajouté.

"Le Brésil considère avec beaucoup d'inquiétude les menaces proférées par Israël d'attaquer l'Iran", a répondu le ministre brésilien, soulignant que "ces menaces et leurs conséquences potentielles sont dangereuses pour la stabilité du Moyen-Orient".

Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a pour sa part exprimé l'espoir lors de sa rencontre avec M. Patriota que les chefs de diplomatie de l'Union européenne qui doivent se réunir lundi à Luxembourg "prendront des sanctions significatives supplémentaires contre l'Iran".

"Si aucune sanction plus dure n'est décidée contre l'Iran, cela nous conduira à une nouvelle réalité comparable à celle qui prévalait dans les années 30 lorsque le monde occidental au lieu de combattre le régime nazi a préféré faire des concessions et amadouer Hitler", a ajouté M. Lieberman, selon un de ses porte-parole.

L'Union européenne doit entériner lundi un nouvel ensemble "très robuste" de sanctions contre l'Iran du fait de son programme nucléaire controversé, qui vise en particulier les transactions financières, le gaz, le transport et le commerce, selon des diplomates.

Le ministre brésilien a également rencontré dimanche soir Benjamin Netanyahu, a indiqué le bureau du Premier ministre qui n'a pas donné de précision sur la teneur de l'entretien.

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