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Le chef des Frères musulmans appelle à reprendre Jérusalem par la violence

14/10/2012 12:01 EDT | Actualisé 13/12/2012 05:12 EST

LE CAIRE, Égypte - Une sortie virulente contre les juifs par le chef des Frères musulmans égyptiens vient cimenter l'un des plus importants défis diplomatiques auxquels devra faire face le nouveau président Mohammed Morsi, alors qu'il tente d'équilibrer l'opinion populaire et le besoin d'établir des relations en matière de sécurité avec Israël.

Le chef suprême des Frères musulmans, Mohammed Badie, a appelé cette semaine l'ensemble des musulmans à défendre Jérusalem, déclarant que les «sionistes ne connaissaient que l'usage de la force». Il a ajouté que les juifs répandaient la «corruption», avaient massacré des musulmans et profané des sites religieux.

La rhétorique de M. Badie est allée bien au-delà des critiques féroces d'Israël et de ses politiques, qui sont courantes en Égypte. Il a plutôt provoqué des frictions encore plus vives entre le plus puissant groupe politique égyptien et son voisin juif. Cela augmentera sans doute la pression sur M. Morsi, afin qu'il s'implique davantage que son prédécesseur dans le dossier israélo-palestinien.

Le président égyptien n'a pas commenté publiquement les déclarations de M. Badie.

Eli Shaked, un ex-ambassadeur israélien en Égypte, estime que la déclaration des Frères musulmans vise à faire oublier les problèmes grevant les 100 premiers jours au pouvoir de M. Morsi, des pénuries de carburant aux ordures qui s'amoncellent dans les rues.

Israël s'est de plus en plus inquiété de l'accession au pouvoir des Frères musulmans, anciennement interdits, après la chute, l'an dernier, d'Hosni Moubarak. Celui-ci avait une relation relativement cordiale avec l'État hébreux.

Dans son discours, Mohammed Badie a appelé à «défendre» la mosquée d'Al-Aqsa, un site religieux pour musulmans et juifs. Les musulmans croient que le prophète Mohammed est monté au ciel de cet endroit, tandis que les juifs l'appellent le Mont du Temple, en raison des temples juifs qui s'y trouvaient à l'époque biblique.

M. Badie affirme que la solution à la reconquête de Jérusalem ne passe pas par les «palabres» des Nations unies.

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