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Bahreïn: cinq médecins prisonniers entament une grève de la faim (avocats)

14/10/2012 08:39 EDT | Actualisé 14/12/2012 05:12 EST

Cinq médecins de Bahreïn, qui purgent des peines de prison pour leur soutien à la contestation dans ce pays du Golfe, ont entamé dimanche une grève de la faim, ont annoncé leurs avocats.

Dans un communiqué cité par les avocats, les médecins, qui s'abstiennent de "manger et de prendre des médicaments", entendent protester contre "la torture" dont ils se disent avoir été victimes durant leur détention et pour réclamer leur libération.

Ils accusent aussi les autorités judiciaires d'avoir passé sous silence "les agressions sauvages perpétrées par la police et l'armée contre le corps médical" et la campagne "tendancieuse" contre le personnel médical lors des manifestations anti-gouvernementales de février/mars 2011, selon le communiqué.

Le 1er octobre, la Cour de cassation avait confirmé des peines de prison de un mois à 5 ans pour neuf médecins et membres du personnel médical. Cinq sont incarcérés alors que les quatre autres ont déjà purgé leurs peines.

Ils font partie d'un groupe de 20 employés de l'hôpital public Salmaniya de Manama qui avaient été poursuivis pour soutien aux manifestants chiites lors de la contestation. Ces employés ont été condamnés par un tribunal spécial. Neuf ont été acquittés en appel et deux, qui sont en fuite, n'ont pas été rejugés.

Human Rights Watch (HRW) a appelé la semaine dernière le roi de Bahreïn Hamad Ben Issa Al-Khalifa à intervenir pour faire "annuler" les condamnations en cassation car elles "étaient en partie fondées sur des aveux obtenus sous la torture et selon des procédures fondamentalement injustes".

Bahreïn est secoué depuis l'an dernier par un mouvement de contestation, animé par des chiites qui réclament une monarchie constitutionnelle dans ce petit royaume du Golfe à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite.

Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), 80 personnes ont trouvé la mort depuis le début de la révolte.

Le ministère bahreïni de l'Intérieur a affirmé pour sa part que 700 personnes avaient été blessées, parmi lesquelles des officiers de police.

bur/tm/tp

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