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Tunisie: accord de la coalition au pouvoir sur le futur régime politique

13/10/2012 01:20 EDT | Actualisé 13/12/2012 05:12 EST

La coalition au pouvoir en Tunisie, composée du parti islamiste Ennahda et ses deux alliés de gauche, est tombée d'accord sur l'adoption d'un régime parlementaire aménagé dans lequel le président serait élu au suffrage universel, a révélé samedi à l'AFP une source politique.

La nature du futur régime constitue une pomme de discorde entre Ennahda qui défend un parlementarisme pur et ses alliés partisans d'un "régime présidentiel mixte" accordant de larges prérogatives au chef de l'Etat.

"Il y a eu un consensus autour d'un régime parlementaire aménagé dans lequel le président serait élu au suffrage universel", a déclaré un responsable parlant sous couvert d'anonymat.

Un autre responsable a confirmé sans en donner le détail l'accord intervenu à l'issue de pourparlers intenses cette semaine entre Ennahda, le Congrès pour la république (CPR) du président Moncef Marzouki et Ettakatol de Mustapha Ben Jaafar, président de l'Assemblée Constituante (ANC) chargée de rédiger le Texte fondamental.

Le régime choisi stipule que le gouvernement sera responsable devant le Parlement qui aura le pouvoir de démettre le président, la présidentielle devant ainsi être séparée des législatives et les précéderait dans le temps.

Ennahda a accepté, selon la même source, la création d'une Cour constitutionnelle, un projet jusqu'ici rejeté par le parti islamiste opposé à un arbitrage hors Parlement.

La commission électorale indépendante dont la composition fait également polémique à l'ANC figure dans le consensus réalisé au sein de la coalition.

L'architecte du premier scrutin libre post-révolution, Kamel Jendoubi, sera chargé de nouveau de l'organisation des prochaines élections, a-t-on affirmé de même source.

Ancien opposant et défenseur des droits de l'Homme longtemps exilé en France, M. Jendoubi a la confiance des alliés de gauche d'Ennahda et d'une partie de l'opposition.

L'accord devrait être annoncé jeudi par le chef du gouvernement, l'islamiste Hamadi Jebali, dont le cabinet est pressé de produire une feuille de route pour une nouvelle étape de la transition politique post-révolution.

L'opposition exige des délais précis et soupçonne les islamistes de vouloir s'eterniser aux commandes, alors que la rédaction de la Constitution a pris des mois de retard.

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