NOUVELLES

Syrie: les rebelles bloquent des renforts de l'armée vers Maaret al-Noomane (AFP)

13/10/2012 09:04 EDT | Actualisé 13/12/2012 05:12 EST

Les rebelles syriens bloquaient samedi des renforts de l'armée en route vers Maaret al-Noomane, ville stratégique au sud d'Alep et totalement contrôlée par les insurgés depuis une semaine, a constaté un journaliste de l'AFP.

Une colonne d'une quarantaine de véhicules militaires a été arrêtée à une dizaine de kilomètres au sud de la ville, à hauteur de la localité de Hich, ont indiqué de leur côté plusieurs sources rebelles.

Les rebelles ont fait usage de roquettes anti-chars et d'engins piégés pour arrêter la dizaine de chars, de véhicules blindés, de 4X4 surmontés de mitrailleuses et les bus transportant des militaires, selon ces sources.

De violents combats se déroulaient à Hich, bombardée par l'aviation, après l'attaque contre ce convoi, de même source.

Depuis plusieurs jours, les rebelles tentent de bloquer la lente progression des renforts gouvernementaux vers Maaret al-Noomane, passage obligé de l'armée pour acheminer des renforts vers Alep (nord) où armée et rébellion s'affrontent depuis la mi-juillet.

En prenant le contrôle total de Maaret al-Nomane, la rébellion est surtout parvenue à prendre une portion de plusieurs kilomètres de l'autoroute voisine reliant le sud au nord du pays.

A ce sujet, Rami Abdel Rahmane, à la tête de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), a estimé que "l'armée peut tenter et parvenir à reprendre la ville aux rebelles temporairement mais il est clair qu'elle ne peut plus en garder le contrôle".

"L'armée est clairement en train de perdre contrôle dans le nord, malgré ses avions militaires. Il y a des milliers de combattants à travers le nord, notamment dans les provinces d'Idleb et d'Alep", a-t-il souligné.

A la faveur de leur progression, les rebelles ont repoussé les troupes dans deux bases militaires à la périphérie est de Maaret al-Noomane, notamment celle de Wadi Daif, la plus importante de la zone. Mais cette avancée et leur présence sur l'autoroute restaient précaire, a-t-on constaté.

D'intenses combats à l'arme automatique se déroulaient samedi près de la base. En outre, l'aviation bombardait des positions rebelles autour de Wadi Daif, blessant 20 insurgés, selon l'OSDH qui s'appuie sur un large réseau de militants et médecins.

Les rebelles tentaient une nouvelle fois de prendre d'assaut la base quand ils ont été bombardés par un MiG du régime, selon M. Abdel Rahmane.

Comme chaque jour depuis une semaine, l'aviation et l'artillerie loyaliste continuaient à pilonner Maaret al-Noomane et sa périphérie, quasi-désertée par ses 125.000 habitants.

La plupart des familles ont fui, seuls restent quelques hommes âgés pour garder appartements et commerces dans une ville où ne circulent plus que des combattants à moto et quelques rares véhicules aux couleurs des rebelles.

Un chasseur-bombardier a largué samedi en début de matinée deux bombes sur le centre-ville, tuant au moins deux civils, a constaté l'AFP. Trois maisons ont été entièrement détruites.

Des roquettes, tirées depuis les deux bases loyalistes, s'abattent à intervalles réguliers sur la ville, notamment autour de l'hôpital d'urgence aménagé dans les sous-sols d'une école technique.

Selon les experts, l'armée est affaiblie par la multiplication des fronts à travers le pays et les attaques rebelles sur les routes d'approvisionnement. Et sa supériorité militaire, en particulier aérienne, lui permet seulement de ralentir la progression de la rébellion.

hba/ram/sbh

PLUS:afp