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Jordanie: les Frères musulmans confirment le boycott des législatives

13/10/2012 01:55 EDT | Actualisé 13/12/2012 05:12 EST

Les Frères musulmans, principale force politique de l'opposition en Jordanie, ont réaffirmé samedi leur décision de boycotter les législatives prévues avant la fin de l'année.

"Nous confirmons notre décision de boycotter toutes les étapes des élections législatives", a indiqué la confrérie dans un communiqué, invoquant de nouveau "l'absence de consensus national autour de la loi électorale".

La confrérie a de nouveau appelé à des "réformes redonnant confiance aux citoyens dans les institutions de l'Etat (..) et ouvrant la voie à une sortie de crise."

La loi électorale "a encouragé la corruption et la dilapidation des fonds publics, marginalisant les pouvoirs exécutif et législatif au profit du pouvoir occulte", accuse la confrérie.

Le mouvement islamiste a par ailleurs estimé que la nouvelle équipe gouvernementale nommée jeudi, après la démission du cabinet de Fayez Tarawneh, n'avait "rien apporté de nouveau".

Le gouvernement, qui a prêté serment devant le roi Abdallah II jeudi, comprend 20 ministres mais aucune femme. Parmi eux figurent 16 ministres du précédent gouvernement et 4 nouveaux ministres.

Le 12 juillet, les Frères musulmans avaient déjà annoncé leur décision de boycotter les élections.

Nommé mercredi par le souverain hachémite, le nouveau Premier ministre Abdallah Nsour a déclaré avoir proposé à la confrérie de prolonger la date de clôture des listes électorales au-delà du 15 octobre prévue initialement, afin d'encourager le mouvement islamiste à participer aux élections.

Le roi a dissous début octobre le Parlement et convoqué des élections anticipées. Aucune date n'a encore été donnée pour le scrutin, mais le monarque a dit souhaiter qu'il se tienne avant la fin de l'année.

La dissolution du Parlement n'a pas convaincu l'opposition islamiste de participer aux prochaines élections. Elle continue de demander la révision du système électoral qui privilégie, selon elle, les régions rurales, considérées comme loyales au gouvernement, dont les partisans dominent le Parlement.

L'opposition réclame aussi un système parlementaire dans lequel le Premier ministre serait issu de la majorité du Parlement et non plus nommé par le roi.

Dans un entretien à l'AFP le 12 septembre, il a estimé que le boycott des islamistes était une "énorme erreur de calcul".

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