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Jacques Duchesneau n'est pas surpris des révlations de Lino Zambito

13/10/2012 07:21 EDT | Actualisé 13/12/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - Les allégations de Lino Zambito à la Commission Charbonneau n'ont pas surpris Jacques Duchesneau, peut-être parce qu'elles ne révèlent que la pointe de l'iceberg que représente la corruption au Québec.

«Est-ce qu'il faut juste cibler le monde de la construction ou regarder de manière plus large pour voir les failles qu'on a dans le système, dans LES systèmes?», a demandé le député caquiste, en marge d'une conférence de Vision Montréal sur les solutions à privilégier pour rétablir la confiance des Montréalais dans l'administration publique.

Selon M. Duchesneau, le mandat de la Commission Charbonneau d'enquêter sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction est «quand même limité».

«Il faut regarder les stratagèmes dans différents secteurs», a-t-il plaidé.

Également panélistes à la conférence, le député libéral Guy Ouellette et le criminologue André Normandeau ont proposé, avec l'appui de M. Duchesneau, de permettre à des policiers de s'immiscer dans la vie politique et de soumettre les fournisseurs qui appliquent sur des contrats municipaux à une habilitation sécuritaire.

Un processus de la sorte entraînerait la vérification des antécédents et de la probité d'un soumissionnaire, par exemple.

«Tu passes ça, le processus d'octroi au plus bas soumissionnaire ne s'appliquera pas», a lancé M. Ouellette, qui a autrefois participé à la création de l’escouade Carcajou pour la lutte au crime organisé.

«On semble menottés par le plus bas soumissionnaire. Pourquoi t'es obligé de lui donner [un contrat]? La pire chose qu'il va faire, c'est t'envoyer une mise en demeure, il t'emmènera en cour. Si tu ne veux pas lui donner, c'est parce que tu es capable d'expliquer à un juge pourquoi tu ne veux pas que l'argent des contribuables soit mal utilisé.»

M. Ouellet a par ailleurs refusé de commenter les allégations qui concernent son parti, notamment le don de billets de spectacle à l'ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau et des méthodes de financement frauduleuses au Parti libéral du Québec.

«Il n'y a personne qui est au-dessus des lois au Québec, s'est-il contenté de dire. Ceux qui ont transgressé les lois, l'UPAC [Unité permanente anticorruption] et Marteau sont après eux autres.»

De son côté, le parti d'opposition à l'hôtel de ville de Montréal, Vision Montréal, prévoit proposer à nouveau des mesures qui ont auparavant été rejetées par l'administration du maire actuel, Gérald Tremblay.

Le parti d'opposition exige notamment la création d’un poste de Commissaire à l’éthique, la mise à contribution de l’expertise et des moyens technologiques des policiers de Montréal, la création d’une unité d’enquête administrative sur la gestion contractuelle et l’éthique à Montréal de 2001 à 2012 et le rétablissement de la ligne éthique au Vérificateur général, car l'administration Tremblay a choisi de transférer cette fonction à son contrôleur général.

La chef de Vision Montréal, Louise Harel, promet également de «travailler autour de la notion d'habilitation sécuritaire» proposée par les panélistes.

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