NOUVELLES

Hollande à Kinshasa: "parler le français, c'est aussi parler les droits de l'Homme"

13/10/2012 07:29 EDT | Actualisé 13/12/2012 05:12 EST

KINSHASA, Congo - KINSHASA (Sipa) — "Parler le français, c'est aussi parler les droits de l'Homme", a estimé samedi François Hollande à Kinshasa, après une rencontre avec les représentants de l'opposition au régime de Joseph Kabila, en République démocratique du Congo.

Venu assister au sommet de la Francophonie, le président français s'est exprimé après s'être entretenu avec sept représentants d'organisation non gouvernementales -défendant notamment les droits de l'Homme-, et cinq personnalités issues de quatre groupes parlementaires d'opposition, à la Résidence de France à Kinshasa.

"Parler le français, c'est aussi parler les Droits de l'homme, parce que les droits de l'Homme ont été écrits en français", a-t-il déclaré à l'issue de la réunion.

Avec les ONG, l'entretien a porté sur la situation des libertés en RDC, la précarité des défenseur des droits de l'Homme -victimes de harcèlement policier, judiciaire, et dont certains ont été assassinés-, la liberté des médias, et la situation des femmes, a rapporté une source dans l'entourage du chef de l'Etat. Selon la président de l'association "Solidarité féminine" Julienne Musengue, 1.700 femmes ont été violées en RDC depuis le début de l'année.

Aux membres de l'opposition, François Hollande a porté un message de défense des droits de l'Homme, leur assurant que la France "mesure la difficulté de leur action", "la précarité de leur situation", selon la même source dans l'entourage du président.

Auparavant, le président français s'était entretenu avec son homologue, Joseph Kabila, pendant 35 minutes, après une poignée de main brève et froide entre les deux hommes. Le président de RDC a été reconduit en 2011 à la tête du pays lors d'élections entachées de fraudes, dénoncées par la communauté internationale.

L'entretien a été "franc et direct", selon une source dans l'entourage du président. François Hollande a notamment évoqué le procès des assassins du militant des droits de l'Homme Floribert Chebeya, en juin 2010. "La France ne relâchera pas la pression pour que le procès se tienne et que les auteurs soient jugés et punis", souligne la même source.

En ce qui concerne la situation dans l'est du pays, François Hollande a rappelé sa condamnation des agressions extérieures, et souligné la nécessité d'accroître l'efficacité de l'action des Nations unies et de renforcer le mandat de la Monusco, la mission de l'organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC, selon cette source. L'est de la RDC reste la proie de violences avec notamment les rebelles du M23, que le Rwanda a été accusé de soutenir.

François Hollande a suscité l'hostilité de la part des autorités de RDC par ses propos mardi dernier lors d'une conférence de presse. Le président français avait jugé inacceptable la situation en RDC en terme de droits de l'Homme, de démocratie et de respect de l'opposition.

Samedi au Sénégal, il a insisté sur la "franchise" avec laquelle il comptait parler des violations des Droits de l'homme sur le continent africain.

Le président français devait prononcer à la mi-journée un discours lors de la cérémonie d'ouverture du sommet de la Francophonie. Son accueil par Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie, ancien président du Sénégal, a été nettement plus chaleureux.

Dans l'après-midi, après une visite de l'Institut français, il devait donner une conférence de presse à 17h30 à Kinshasa (18h30, heure de Paris), puis s'entretenir avec Etienne Tshisekedi, ancien Premier ministre de la RDC et l'un des principaux opposants au régime au pouvoir.

AP-sc/sb

PLUS:pc