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François Hollande place les droits de l'Homme au coeur de sa visite à Kinshasa

13/10/2012 07:40 EDT | Actualisé 13/12/2012 05:12 EST

KINSHASA, Congo - François Hollande a placé son message de défense des droits de l'Homme au coeur de sa visite en République démocratique du Congo (RDC). Le président français a plaidé pour "la démocratie, le pluralisme, le respect de la liberté d'expression" -dans un pays qui met à mal ces valeurs- samedi au sommet de la Francophonie.

"La francophonie doit porter la démocratie, les droits de l'Homme, le pluralisme, le respect de la liberté d'expression, l'affirmation que tout être humain doit pouvoir choisir ses dirigeants", a affirmé le chef de l'Etat français, lors d'un discours prononcé devant le président de la RDC, Joseph Kabila, dont la réélection en 2011 a été entachée de fraudes dénoncées par la communauté internationale.

"J'ai voulu me rendre personnellement ici à Kinshasa au sommet de la Francophonie" pour "témoigner du soutien de la France au peuple congolais", a-t-il lancé, très applaudi. Le peuple congolais aspire "à la paix, à la sécurité, à la démocratie", a-t-il poursuivi.

"Je voulais venir ici à Kinshasa pour exprimer une nouvelle fois ma confiance dans l'avenir de l'Afrique, qui est la jeunesse du monde", a-t-il ajouté, reprenant un thème qu'il avait largement développé la veille, lors de la première étape de son voyage, à Dakar. Le chef de l'Etat a présenté le Sénégal comme un "exemple" pour sa transition démocratique.

A l'inverse, il a suscité l'hostilité de la part des autorités de RDC en jugeant inacceptable la situation dans ce pays en la matière, lors d'une conférence de presse mardi dernier.

"Si l'on veux être écouté et entendu, c'est indispensable de porter le message des droits de l'Homme", justifie-t-on dans l'entourage de François Hollande, pour expliquer sa décision de venir au sommet de la Francophonie.

Samedi matin, le chef de l'Etat a entamé la deuxième journée de son voyage africain par une rencontre avec le président Joseph Kabila. L'entretien, d'une demi-heure, a été "franc et direct", selon une source proche du président -même si la poignée de main entre les deux hommes a été brève et sèche.

Quand le parti de Joseph Kabila met en avant les "avancées démocratiques" en RDC, dans une brochure distribuée à tous les participants au sommet de la Francophonie, François Hollande a largement relativisé, alors qu'il s'exprimait sous le regard de Joseph Kabila. "S'il y a eu des progrès, encore trop timides, ces derniers jours, il y a un processus en RDC. Je souhaite qu'il soit conduit jusqu'à son terme", a-t-il concédé.

François Hollande a notamment évoqué le procès des assassins du militant des droits de l'Homme Floribert Chebeya, tué en juin 2010. "La France ne relâchera pas la pression pour que le procès se tienne et que les auteurs soient jugés et punis", souligne la même source dans l'entourage du chef de l'Etat.

Juste après cet entretien, le président français a rencontré sept représentants d'organisation non gouvernementales et cinq personnalités issues de quatre groupes parlementaires d'opposition, à la Résidence de France à Kinshasa. Il leur a assuré que la France "mesure la difficulté de leur action" et "la précarité de leur situation", selon une source dans l'entourage de François Hollande.

Dans l'après-midi, après une visite de l'Institut français, François Hollande devait donner une conférence de presse à 17h30 à Kinshasa, puis s'entretenir avec Etienne Tshisekedi, ancien Premier ministre de la RDC et l'un des principaux opposants au régime en place.

Sa compagne Valérie Trierweiler, qui était du voyage, a de son côté rencontré samedi matin les représentants d'une association s'occupant d'enfants des rues, et devait ensuite visiter l'hôpital pédiatrique Kalembelembe de Kinshasa.

Le premier voyage africain de François Hollande en tant que chef d'Etat devait se conclure par un dîner officiel, en présence de Joseph Kabila.

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