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Entretien Harper-Marois: 'presque chaleureux', mais les sujets durs sont évités

13/10/2012 05:21 EDT | Actualisé 13/12/2012 05:12 EST

KINSHASA, République Démocratique Du Congo - La toute première rencontre entre Pauline Marois et Stephen Harper a été «presque chaleureuse» si l'on en croit la première ministre du Québec. Loin du duel attendu par certains, les deux politiciens ont échangé de façon «très cordiale» sur différents enjeux, mais se sont réservé les sujets qui fâchent pour plus tard.

Le hasard du calendrier a voulu qu'ils se rencontrent non pas à Ottawa ou Québec, mais sur le continent africain, en marge du 14e Sommet de la Francophonie, à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

À l'issue de cet entretien, Mme Marois a indiqué que même si M. Harper est fédéraliste et qu'elle-même est souverainiste, il était malgré tout possible «d'arriver à des ententes».

«Rencontre excellente», «très positif, très cordial», «presque chaleureux»: les qualificatifs employés par la chef péquiste étaient loin d'une rhétorique guerrière.

Le futur accord de libre-échange Canada-Union européenne, pour lequel Québec espère une exemption sur les produits culturels, a fait partie des discussions.

Mme Marois a aussi tendu la main à M. Harper pour qu'ils travaillent ensemble à la diversification économique de la région de l'amiante. Mme Marois a récemment déclaré la fin de son exploitation dans la province.

Il a par ailleurs été question du gisement d'hydrocarbures Old Harry, un dossier sur lequel Québec et Terre-Neuve-et-Labrador sont à couteaux tirés.

«J'ai senti que M. Harper était prêt à entendre le point de vue du Québec. Il a répété qu'il souhaitait aussi que les compétences québécoises soient respectées. Et nous en sommes arrêtés là.»

Les sujets plus difficiles, comme celui du rapatriement de certaines compétences au Québec, ont été réservés pour une prochaine rencontre.

«J'ai indiqué à M. Harper que nous aurions l'occasion d'échanger éventuellement à nouveau sur d'autres thèmes, dont la question de certains pouvoirs à rapatrier», a noté Mme Marois. Ainsi, il n'a pas été question de l'assurance-emploi, que Québec voudrait gérer, un dossier pour lequel on imagine difficilement Ottawa céder.

Le ton conciliant de Mme Marois envers son homologue du fédéral tranche avec celui, très combatif, qu'elle a emprunté lors de la campagne électorale.

Il fait toutefois écho à l'attitude adoptée plus tôt cette semaine par son ministre des Affaires intergouvernementales et à la Gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier. En entrevue, M. Cloutier a signalé que les demandes de son gouvernement étaient désormais assez modestes pour qu'il puisse espérer trouver un terrain d'entente avec Ottawa.

Contrairement à Mme Marois, M. Harper n'a pas désiré s'adresser aux médias à l'issue de l'entretien. Plutôt que de sortir de son hôtel par la porte principale, comme l'avaient fait un bon nombre de chefs d'État plus tôt, il a préféré prendre la porte de côté, évitant ainsi caméras et micros.

Selon son entourage, le tête-à-tête a duré une trentaine de minutes. M. Harper aurait «rappelé qu'il va continuer de respecter les champs de compétence des provinces, tout en défendant les compétences du gouvernement fédéral».

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