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Tunisie: l'armée affirme sa "neutralité" vis-à-vis des partis politiques

12/10/2012 12:10 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST

Le ministère tunisien de la Défense a affirmé la "stricte neutralité" de l'institution militaire envers l'ensemble des partis politiques, en réaction aux déclarations du chef du parti islamiste Ennahda, affirmant que l'armée était aux mains de laïcs.

"L'armée nationale demeurera neutre vis-à-vis des différents partis et sensibilités et elle restera à l’abri des polarisations et surenchères politiques", a indiqué le ministère dans un communiqué publié sur son site officiel.

Le communiqué fait suite à la diffusion sur internet d'un enregistrement vidéo du chef du parti islamiste Ennahda (majoritaire au pouvoir) dans lequel il affirmait que l'armée et la police étaient contrôlées par des laïcs.

Le ministère de la Défense affirme se "placer au-dessus des campagnes de dénigrement et de calomnie" et assure que les manoeuvres politiques "ne risquent pas d'affecter son image, ni le moral des troupes".

Dans cette vidéo datant de février mais dont la diffusion a fait scandale mercredi, Rached Ghannouchi conseille à des salafistes de "préserver leurs acquis avec sagesse" et estime que "l'armée et la police ne sont pas sûres" car aux mains des "laïcs" tenants de l'ancien régime.

Il recommande aux "jeunes salafistes de patienter" et faire preuve de "sagesse" pour asseoir leur pouvoir face aux laïcs qui contrôlent encore médias et institutions et "peuvent rebondir après leur échec" aux élections d'octobre 2011 remportées par Ennahda.

Soixante-quinze députés de l'opposition ont signé jeudi une pétition réclamant la dissolution d'Ennahda car le parti "ne croit pas en la démocratie" et "complote contre l'aspect civil de l'Etat".

"Je parlais des laïcs extrémistes qui poussent le pays à la confrontation", avait réagi M. Ghannouchi, ajoutant que "les laïcs modérés sont nos alliés" au sein de la coalition de gouvernement dirigée par Ennahda.

"C'était un appel à la sagesse et à la raison", avait-il affirmé.

La mouvance salafiste estimée à quelque 3.000 militants est responsable de plusieurs actes de violences depuis la révolution de janvier 2011.

Bsh/feb

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