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RDC: Harper ne précise pas pourquoi il n'a pas envisagé de boycotter le Sommet

12/10/2012 07:34 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST

DAKAR, Sénégal - Stephen Harper a assuré que le Canada allait exprimer son inquiétude quant aux droits de la personne en République démocratique du Congo, mais il n'a pas précisé pourquoi il n'a pas envisagé de boycotter le Sommet de la Francophonie afin d'envoyer un message fort au pays hôte.

Pourtant, le premier ministre a déjà menacé de ne pas se rendre au Sri Lanka, où se tiendra le prochain sommet du Commonwealth, si ce pays ne faisait pas de progrès sur le plan des droits de la personne. Interrogé sur ce standard différent, M. Harper n'a pas expliqué les raisons de la position canadienne envers la RDC.

M. Harper est finalement arrivé à Kinshasa, vendredi soir, après un bref séjour de deux jours au Sénégal. Il est sorti seul de l'avion, il a été accueilli par plusieurs dignitaires, dont le premier ministre Matata Ponyo Mapon. Il a échangé quelques mots avec lui, avant de marcher devant les soldats placés en deux lignes parallèles.

Les élections du président Joseph Kabila ont été entachées d'irrégularités, alors que les affrontements armés et les viols sont légion dans l'est du pays. D'ailleurs, la première ministre du Québec, Pauline Marois, a choisi de ne pas rencontrer le président de la RDC. Quant à M. Harper, il participera malgré tout à un souper officiel avec M. Kabila, samedi soir.

À Dakar, au Sénégal, où il tenait un point de presse avant de s'envoler pour Kinshasa, M. Harper a toutefois exprimé ses «graves» inquiétudes à l'égard du manque de respect pour les droits de la personne en RDC. Il a rappelé que son ministre en charge de la Francophonie, Bernard Valcourt, avait lui-même visité le pays hôte cet été pour s'enquérir des progrès.

«Le ministre Bernard Valcourt a déjà visité le Congo pour exprimer nos inquiétudes envers les violations des droits de la personne, et nous exprimerons très clairement pendant notre visite notre préoccupation à cet égard. Et ce sera bien clair», a-t-il fait valoir.

À sa gauche, le président sénégalais Macky Sall a pour sa part insisté sur le fait que tous les pays n'avaient pas le même passé, et qu'on ne pouvait donc s'attendre à ce qu'ils aient le même respect des droits de la personne.

«L'Afrique a besoin de démocratie pour son développement. Nous devons aider les pays africains à évoluer dans cette dynamique. Nous devons savoir aussi que tous les pays n'ont pas la même histoire et ne marchent pas à la même cadence», a indiqué M. Sall.

Selon lui, le Sénégal, perçu comme un piler démocratique dans un continent où l'instabilité est fréquente, ne peut être comparé à un pays sorti d'une guerre, en proie à des affrontements tribaux.

«Nous allons de notre côté donner notre message fraternel à nos amis de la RDC, mais dans le respect des spécificités de chacun.»

Inconfortable avec le manque de transparence des dernières élections congolaises, ainsi qu'avec les crimes commis sur le territoire, le président français François Hollande a hésité longuement avant de décider de participer au Sommet. Il n'y restera en fin de compte que quelques heures.

Les représentants de 75 pays sont attendus vendredi pour le 14e Sommet de la Francophonie, le grand rendez-vous biennal des pays francophones qui se terminera dimanche. Cette année, le thème est la «Francophonie, enjeux environnementaux et économiques face à la gouvernance mondiale». L'organisation d'un tel rassemblement a été tout un défi pour le pays hôte, qui ne dispose pas d'un large réseau d'infrastructures.

Sénégal

Stephen Harper a terminé vendredi une visite officielle de deux jours au Sénégal au cours de laquelle il notamment offert une aide spécifique pour la région du Sahel, aux prises avec une grave crise alimentaire.

Il a également profité de son séjour pour rencontrer des gens d'affaires, particulièrement des Canadiens investissant dans le secteur minier. Il a d'ailleurs confié qu'il s'attendait à ce que les relations commerciales avec le Sénégal, voire avec toute la région, gagnent de l'importance dans le futur.

«Compte tenu de bilan du Sénégal de bonne gouvernance, de transparence, de démocratie et de droits humains, ce pays a vraiment l'occasion de devenir le centre des investissements canadiens dans toute la région africaine», a signalé M. Harper.

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