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Matricule 728: les personnes malmenées dans l'attente

12/10/2012 02:40 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n'était toujours pas entré en contact vendredi matin avec les trois hommes qui ont été malmenés par la policière Stéfanie Trudeau, pour leur offrir personnellement des excuses ou leur demander leur version des faits.

De plus, Serge Lavoie, Simon Pagé et Rudi Ochietti étaient, jusqu'à nouvel ordre, toujours passibles d'être accusés.

Un seul contact avait été établi. En entrevue avec La Presse Canadienne, Rudi Ochietti a en effet indiqué qu'un représentant du SPVM avait téléphoné à Serge Lavoie pour la première fois ce vendredi afin de connaître « leurs intentions ». Une expression dont aucun des trois individus n'était certain de saisir le sens.

Pas de décision sur un éventuel recours judiciaire

M. Ochietti a cependant précisé que ses amis et lui-même n'avaient encore pris aucune décision quant à un éventuel recours juridique contre la policière ou le SPVM, bien qu'ils aient écarté l'idée d'aller devant le Comité de déontologie.

« On s'est rendu compte que si on déposait une plainte en déontologie, il ne se serait rien passé », a indiqué M. Ochietti pour expliquer leur décision de transmettre aux médias les images de l'événement et l'enregistrement des propos de la policière. « Elle aurait continué à faire son beat dans la ville et à tabasser du monde. »

Quoi qu'il en soit, Serge Lavoie et Simon Pagé doivent se rendre ce vendredi dans un poste de police afin de faire prendre leurs empreintes digitales et leur photo aux fins d'identification. Leur comparution est toujours prévue mercredi prochain. Rudy Ochietti, lui, doit se soumettre aux mêmes procédures d'identification à la fin du mois d'octobre.

Les accusations seront-elles abandonnées?

Les trois hommes font l'objet de plaintes de voies de fait contre un policier et d'entrave au travail des policiers. MM. Lavoie et Pagé pourraient aussi faire face à des accusations d'intimidation.

M. Ochietti s'est toutefois dit heureux de voir que le directeur du SPVM, Marc Parent, ait fait des excuses publiques, mais il ne se fait pas d'illusions sur le sort qui aurait été réservé à leur cas s'il n'avait pas été médiatisé.

Selon lui, le maintien en poste de cette femme en dépit des multiples plaintes à son endroit démontre clairement l'existence d'un problème systémique au sein du corps policier et d'une culture de protection des policiers entre eux. Il illustre également l'inefficacité du système de surveillance actuel des policiers.

« Il faut que la façon dont sont traitées les plaintes change, parce que l'agent 728 sévit de plainte en déontologie en plainte en déontologie depuis 1995 », estime M. Ochietti.

Une intervention musclée

Rudi Ochietti, Serge Lavoie et Simon Pagé ont fait l'objet d'une arrestation excessivement musclée, le 2 octobre dernier, dans un local d'artistes qu'ils partagent avec d'autres artistes sur la rue Papineau à Montréal. Les images, diffusées par Radio-Canada, ont été largement relayées par les autres médias et les réseaux sociaux.

L'enregistrement d'une conversation subséquente de la policière avec ce que l'on croit être un superviseur, également largement diffusé, démontre que celle-ci véhicule de multiples préjugés et un langage grossier à l'endroit, notamment, des artistes, des habitants du Plateau Mont-Royal et des sympathisants du mouvement étudiant du printemps dernier.

La policière avait décidé d'intervenir lorsque Rudi Ochietti, une bière à la main, était allé ouvrir la porte du local à Simon Pagé qui arrivait avec sa contrebasse, estimant qu'il consommait de l'alcool sur la voie publique.

Par ailleurs, Simon Pagé a senti le besoin d'intervenir sur une page Facebook dénonçant la policière au désormais célèbre matricule 728, pour rappeler que celle-ci « est d'abord et avant tout un être humain », qui mérite la dignité et le respect.

M. Pagé s'est dit dégoûté par le fait que des gens aient pu divulguer l'adresse personnelle de la policière et tenu des propos discriminatoires à son égard. M. Pagé ajoute « qu'il est tout à fait inapproprié de tenter de faire sa propre justice dans ce dossier ».

Écoutez la policière Trudeau parler de l'intervention avec son supérieur dans une conversation enregistrée par mégarde dans son véhicule de patrouille (Mise en garde: langage grossier) :

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