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Les caciques de l'ancien régime acquittés seront rejugés (Morsi)

12/10/2012 11:21 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST

Le président égyptien Mohamed Morsi a promis vendredi que les anciens responsables de l'ère Moubarak récemment acquittés après avoir été accusés d'être impliqués dans des violences pendant la révolte en février 2011 seraient de nouveau jugés.

"Nous ne pouvons ignorer ceux qui ont commis des crimes contre la nation", a-t-il dit dans une mosquée à Alexandrie (nord).

"Ils auront affaire à la justice et au système judiciaire", a-t-il ajouté dans ce discours rapporté par l'agence officielle Mena.

Des figures du régime du président déchu Hosni Moubarak, accusées d'avoir envoyé des hommes de main à dos de chameau pour attaquer les manifestants place Tahrir l'an dernier en pleine révolte, ont été acquittées mercredi.

Le lendemain, le procureur général Abdel Meguid Mahmoud a été démis de ses fonctions par le président Morsi qui l'a nommé ambassadeur d'Egypte au Vatican.

M. Mahmoud était accusé par plusieurs militants de la révolte de 2011 de continuer de soutenir le régime Moubarak et d'avoir été à l'origine de l'insuffisance des preuves présentées par le parquet dans les procès de responsables accusés d'implication dans la mort de manifestants.

Mais le procureur général a déclaré jeudi qu'il restait à son poste, affirmant que "selon la loi, un membre du corps judiciaire ne peut pas être démis par le pouvoir exécutif".

Cette décision est un nouvel épisode dans l'épreuve de force entre les juges nommés sous Moubarak, et M. Morsi, qui a tenté en vain de rétablir le Parlement dominé par les islamistes mais dissous à la suite d'une décision de justice.

D'influents juges ont apporté leur soutien au procureur général, ont rapporté vendredi les médias officiels.

L'institution judiciaire s'est rangée aux côtés de M. Mahmoud au nom de "la souveraineté de la Loi et du principe de séparation des pouvoirs", a expliqué Ahmed al-Zind, à la tête du Club des juges, selon le quotidien Al-Ahram.

Le Club des juges s'était vivement opposé à l'élection en juin de M. Morsi, qui avait appelé à rejuger M. Moubarak et les responsables de son régime pour la mort de près de 850 personnes lors du soulèvement de janvier-février 2011.

M. Moubarak et son ministre de l'Intérieur Habib al-Adly ont été condamnés à la prison à vie en juin, mais six hauts responsables de la sécurité ainsi que de nombreux policiers ont été acquittés.

Des partisans du président Morsi ont manifesté vendredi place Tahrir au Caire. Des heurts les ont opposés à des militants laïques qui réclamaient, eux, la formation d'une nouvelle commission constituante, actuellement dominée par les islamistes.

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