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Le déficit budgétaire américain ramené à 7% du PIB en 2012

12/10/2012 04:59 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST

Les Etats-Unis ont annoncé vendredi avoir ramené leur déficit budgétaire à 7% du PIB en 2012, à l'issue d'un effort budgétaire sans équivalent depuis vingt-cinq ans.

En baisse de 16% par rapport à l'année précédente, le trou des finances de l'Etat fédéral américain pour l'exercice qui s'est achevé le 30 septembre est néanmoins resté supérieur à la barre symbolique des 1.000 milliards de dollars pour la quatrième année de suite, en s'établissant à 1.089 milliards.

Mais le ratio du déficit au PIB a reculé de 1,7 point par rapport aux 8,7% de 2011, selon les chiffres publiés par le département du Trésor et le Bureau du budget de la Maison Blanche (OMB).

Il faut remonter à 1987, alors que le républicain Ronald Reagan était à la tête des Etats-Unis, pour trouver trace d'un assainissement des finances publiques plus intense. Le déficit budgétaire avait alors été ramené de 5,0% du PIB en 1986 à 3,2%.

Le rééquilibrage des comptes publics a été rendu possible par une hausse des recettes de l'Etat de 6% par rapport à 2011, accompagnée d'une baisse des dépenses publiques de 2%, indiquent les données officielles.

La hausse de la collecte de l'impôt sur les entreprises a été l'un des principaux facteurs de l'augmentation des recettes de l'Etat.

Selon l'OMB et le Trésor, "la baisse des dépenses peut être imputée à l'expiration ou à la réduction progressive de mesures de relance, à la meilleure santé de l'économie, ainsi qu'à la fin des opérations militaires en Irak et à la diminution en cours des renforts en Afghanistan".

En dépit de la hausse de l'endettement publique, les intérêts nets payés par le Trésor sur la dette américaine (plus de 16.000 milliards de dollars) ont baissé de 0,1% en 2011, à 222 milliards, l'Etat ayant pu se refinancer à des taux d'intérêts plus avantageux.

Andrea Saul, porte-parole de Mitt Romney, le candidat du Parti républicain à la présidentielle de novembre, a reproché au président sortant Barack Obama, qui brigue un second mandat, d'avoir "failli à sa promesse de diviser le déficit par deux d'ici à la fin de son premier mandat".

Faisant de M. Obama l'homme du "quatrième déficit de suite au-dessus de 1.000 milliards de dollars", il a affirmé que M. Romney mettrait "fin à l'ère de l'étatisme" et taillerait dans les dépenses.

Dans un communiqué publié avec le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, le directeur de l'OMB, Jeffrey Zients, estime au contraire que le gouvernement a tracé une voie "claire" pour la réduction du déficit.

M. Geithner juge qu'il est désormais temps pour le Congrès de prendre les "mesures nécessaires qui permettront de faire advenir une croissance économique durable pour les années qui viennent".

Le ministre des Finances fait référence aux défis qui se posent aux élus. Ceux-ci doivent en effet s'entendre d'ici à la fin de l'année sur un moyen de réduire la dette publique américaine (qui atteindra cette année 107,2% du PIB, selon le Fonds monétaire international) faute de quoi la fragile reprise économique risque de mourir sur ce qu'il est convenu d'appeler le "mur budgétaire".

Cette expression renvoie à l'expiration d'un certain nombre de mesures de relance et de réductions d'impôt et à l'entrée en vigueur automatique de baisses des dépenses publiques prévues pour les premiers jours de janvier en l'absence d'accord entre démocrates et républicains au Congrès.

mj/jca

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