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L'ambassadeur russe à Ottawa tempère les retombées de l'affaire d'espionnage

12/10/2012 07:28 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST

TORONTO - Le Canada ne représente pas une menace à la sécurité de la Russie, et les récentes révélations voulant qu'un officier de la marine canadienne ait espionné pour le compte de Moscou ne viendra pas nuire à la relation entre les deux pays, a déclaré vendredi l'ambassadeur de Russie au Canada.

Lors d'un discours prononcé à Toronto, Georgiy Mamedov a déclaré que cette histoire n'était pas au coeur des préoccupations sécuritaires russes. Selon lui, il s'agit d'un scandale «très marginal» en proportion des dossiers russes en matière de sécurité.

Au dire de M. Mamedov, qui est en poste à Ottawa depuis 2003, la véritable menace qui pèse sur les deux pays est le terrorisme, et non pas les secrets militaires canadiens.

Mercredi, le sous-lieutenant de la marine Jeffrey Paul Delisle a plaidé coupable à des accusations liées à l'espionnage et à des accusations de bris de confiance pour vendre des informations classifiées à la Russie de 2007 à 2012.

M. Delisle, âgé de 41 ans, est la première personne à être accusée en vertu de la Loi sur la sécurité de l'information, qui a été adoptée à la suite des attaques terroristes du 11 septembre 2001 contre les États-Unis.

L'homme a joint la marine en 1996 et, au moment de son arrestation plus tôt cette année, travaillait à titre d'analyste des menaces à Trinity, une installation militaire de haute sécurité à Halifax.

Son poste lui a donné accès à des renseignements partagés par un groupe de cinq pays: le Canada, la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et l'Australie.

La Couronne allègue que Delisle aurait volontairement approché l'ambassade russe à Ottawa pour y offrir ses services.

Il se serait alors fait demander par des responsables d'effectuer une recherche sur son ordinateur pour toute référence à la Russie, de copier ces informations sur une clé USB et d'envoyer le tout par courriel à un passeur étranger, a déclaré la Couronne.

Les Russes lui auraient versé 5000 $ pour les quelques premiers transferts, puis 3000 $ par mois.

L'ambassadeur Mamedov a dit ne pas vouloir parler de l'affaire, puisque celle-ci suivait son cours.

«Je vous ai déjà dit que cela ne nuirait pas à nos relations bilatérales de notre point de vue. Si vous voulez poser la question à vos leaders, faites-le, je ne peux que répondre au nom de mon gouvernement», a-t-il dit, apparemment sur la défensive alors qu'il se faisait demander à répétition par des journalistes de commenter le dossier.

Lors de la Guerre froide, M. Mamedov était en poste à Washington.

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