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La ministre Marie Malavoy veut des conditions aux financement des écoles privées

12/10/2012 10:35 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - Pour obtenir leur financement de l'État québécois, les écoles privées devront cesser de sélectionner leurs élèves. C'est la condition que souhaite imposer la nouvelle ministre de l'Éducation, Marie Malavoy.

Jean-Marc St-Jacques, président de la Fédération des établissements d'enseignement privés, et directeur du Collège Bourget, de Rigaud, n'est pas étonné de voir surgir, encore, la question du financement du privé.

Selon lui, l'image véhiculée donne l'impression que le privé sélectionne parmi les meilleurs élèves par la voie de tests d'admission. Vrai pour certains programmes spécialisés et de douance, mais pas dans tous les cas. Déjà, et depuis plusieurs années, les écoles privées acceptent de plus en plus d'élèves en difficulté et avec des limitations de toutes sortes.

Il précise aussi que ces examens servent surtout à classer les élèves, selon leurs forces et leurs faiblesses. Cette procédure est d'ailleurs aussi observée dans le système public, notamment dans les écoles à vocation internationale et pour avoir accès à certaines concentrations de sport-études.

Les changements que souhaite apporter la ministre Malavoy touchent également aux politiques d'inclusion. Elle voudrait que les établissements d'enseignements privés soient obligés d'accueillir tous les élèves, sans distinction, s'ils veulent obtenir la part de financement de 60 pour cent du gouvernement.

M. St-Jacques se dit ouvert à discuter avec les représentants du ministère, mais il compte privilégier, d'emblée, une planification réseau de la répartition des élèves plutôt que par établissement.

«Une commission scolaire a l'obligation de scolariser tous les enfants sur son territoire, mais chaque établissement n'est pas tenu d'avoir tous les enfants de la même manière», soutient M. St-Jacques.

Jean-Marc St-Jacques croit qu'il est possible d'accueillir plus d'élèves en difficulté ou aux besoins particuliers. Il soutient que déjà, les établissements privés ont une clientèle variée. Il ne juge toutefois pas nécessaire d'imposer des ratios ou des seuils d'intégration.

M. St-Jacques suggère une certaine souplesse, tout aussi valable dans le secteur public, et qui tiendrait compte des écoles à vocations particulières ou pour les établissements qui ont des projets d'intégration différents.

«Contrairement à l'image, la majorité des parents ne nous choisissent pas parce qu'on fait de l'élite intellectuelle, mais parce qu'on peut assurer le soutien pour amener leur enfant à la diplomation et développer son talent», affirme M. St-Jacques.

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