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La Maison Blanche sur la défensive après des propos de Biden sur Benghazi

12/10/2012 01:10 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST

La Maison Blanche s'est retrouvée vendredi sur la défensive après que le vice-président Joe Biden eut assuré que le gouvernement américain n'était pas au courant de demandes de renforcement de la sécurité en Libye avant l'attaque qui a coûté la vie à son ambassadeur il y a un mois.

Le candidat républicain à la présidentielle du 6 novembre Mitt Romney s'est emparé des propos du numéro deux de l'exécutif démocrate, estimant vendredi qu'il "persist(ait) dans l'aveuglement" et exigeant des réponses claires.

Jeudi soir, M. Biden, qui participait à un débat télévisé face au colistier de M. Romney, Paul Ryan, a été interrogé sur l'assaut contre le complexe diplomatique de Benghazi (est de la Libye) au cours duquel ont péri quatre Américains dont l'ambassadeur Christopher Stevens le 11 septembre.

"On ne nous a pas dit qu'ils voulaient davantage de sécurité", a déclaré M. Biden.

Or, mercredi devant une commission du Congrès, des responsables ou anciens responsables du département d'Etat ont reconnu que le niveau de sûreté à Benghazi était insuffisant avant l'attaque, et que des mesures supplémentaires avaient été refusées par Washington.

"Le vice-président a directement contredit les déclarations sous serment de responsables du département d'Etat", a accusé M. Romney lors d'une réunion de campagne à Richmond en Virginie (est).

"Il persiste dans l'aveuglement. Et nous devons comprendre exactement ce qui s'est passé au lieu de voir des gens écarter (cette affaire) du revers de la main", a ajouté le candidat, qui a jusqu'ici été en retrait dans les sondages sur les questions de politique étrangère et de sécurité nationale par rapport au président Barack Obama.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a affirmé pour sa part que le vice-président s'était exprimé la veille au nom de la présidence. "Evidemment, il ne parlait pas du gouvernement au sens large", a-t-il ajouté lors de son point de presse quotidien.

Il a souligné que les demandes de renforcement de la sécurité n'avaient pas été adressées à la Maison Blanche, mais au département d'Etat.

Le président Barack Obama a promis de faire la lumière sur les faits à Benghazi, mais son administration s'est déjà exposée aux critiques des républicains pour avoir changé son évaluation de ce qui s'était produit le 11 septembre.

Dans un premier temps, elle avait évoqué une manifestation due à un film islamophobe qui avait dégénéré, avant de reconnaître qu'il s'agissait d'une attaque planifiée. Mais la Maison Blanche a aussi accusé le camp de M. Romney de vouloir utiliser cet événement à des fins politiques, à l'approche de l'élection du 6 novembre.

De son côté, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a apporté vendredi son soutien à son ambassadrice auprès de l'ONU, Susan Rice, pointée du doigt par les républicains pour ses déclarations après l'attentat de Benghazi, mais a reconnu que les faits n'étaient pas encore pleinement établis.

Quelques jours après, l'attentat, Mme Rice avait déclaré qu'il s'agissait vraisemblablement d'une "manifestation spontanée" qui avait dégénéré.

"Aujourd'hui nous n'avons pas encore une image complète de tout ce qui s'est passé, nous n'avons pas toutes les réponses" sur ce qui s'est produit le 11 septembre, a souligné Mme Clinton vendredi.

"Les informations continuent d'être mises à jour, d'être mises dans leur contexte, et nous comprenons mieux", a-t-elle ajouté alors qu'une enquête est en cours sur l'attentat.

"Susan Rice avait les mêmes informations que nos services de renseignement (lorsqu'elle a fait ses déclarations publiques). Mais clairement on en en saura plus au fur et à mesure que l'enquête avance. Et nous en saurons beaucoup plus que dans les heures après l'attaque", a encore dit Hillary Clinton.

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