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Israël dément une offre de retrait du Golan en échange de la paix avec Damas

12/10/2012 11:03 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST

Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a démenti vendredi des informations de presse selon lesquelles il aurait offert un retrait total du Golan syrien occupé, en échange de la paix avec Damas, lors de négociations en 2011 parrainées par Washington.

"Il s'agit d'une initiative parmi beaucoup d'autres présentées à Israël ces dernières années", a indiqué le bureau du Premier ministre. "Israël n'a jamais accepté cette initiative américaine".

Le bureau du Premier ministre a qualifié cette initiative d'"ancienne et non pertinente" et dans une déclaration au quotidien Yediot Aharonot, a attribué sa publication à des "motivations politiques", en allusion à l'annonce mardi par M. Netanyahu d'élections anticipées en 2013, lors desquelles il recherchera le soutien de la droite de l'opinion, hostile à une restitution du Golan.

Selon les informations révélées par le quotidien israélien, le Premier ministre aurait proposé à Damas en 2011 un retrait total du Golan en échange de la paix avec la Syrie, au cours de négociations par l'entremise des Etats-Unis.

Ces tractations, conduites par le diplomate américain Fred Hoff, qui vient de prendre sa retraite et en a dressé un compte-rendu écrit, auraient tourné court en raison du soulèvement en Syrie, précise le correspondant diplomatique du journal, Shimon Schiffer.

"Selon ces documents, les négociations entre les deux parties étaient fondées sur un accord pour un retrait total du plateau du Golan et son retour sous souveraineté syrienne, en échange d'un accord de paix complet comportant l'échange d'ambassades", affirme le journal.

"Une source haut placée dans l'administration américaine a indiqué il y a quelques jours que ces négociations avaient été sérieuses et profondes et que l'on pouvait considérer que, sans la guerre civile en Syrie, elles se seraient conclues par un accord", ajoute-t-il.

Cette source "a estimé que Netanyahu avait choisi de reprendre les pourparlers avec (le président syrien Bachar) Assad afin de justifier l'impasse dans les négociations avec les Palestiniens, et sur la base du postulat que la Syrie était le maillon faible de +l'axe du mal+ comprenant l'Iran, le Liban et le Hezbollah", souligne le Yediot.

Israël est officiellement en état de guerre avec la Syrie. Malgré l'occupation et l'annexion par Israël d'une partie du Golan syrien, que la communauté internationale n'a pas reconnue, les deux pays n'y ont pas connu d'affrontement notable depuis la fin de la guerre israélo-arabe d'octobre 1973.

Lors des guerres de 1967 et 1973, près de 150.000 personnes, soit la majorité des habitants syriens du Golan, ont fui. Seuls restent aujourd'hui sous occupation israélienne quelque 18.000 Druzes, dont la quasi totalité ont refusé la carte d'identité israélienne, aux côtés de près de 20.000 colons israéliens.

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