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Hollande à Dakar: l'Afrique, "terre d'avenir pour l'économie mondiale"

12/10/2012 02:13 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST

DAKAR, Senegal - DAKAR (Sipa) — François Hollande a prononcé vendredi à Dakar un discours sur l'avenir de l'Afrique -"terre d'avenir pour l'économie mondiale- qu'il a voulu empreint de "franchise", à l'occasion de sa première visite en tant que chef d'Etat sur le continent.

"Je ne suis pas venu ici à Dakar pour montrer un exemple, pour imposer un modèle, ni pour délivrer une leçon", a assuré le président français à l'Assemblée nationale sénégalaise. Disant considérer les Africains "comme des partenaires, comme des amis", "je veux leur parler librement, directement, le faire sans ingérence, mais avec exigence" a-t-il lancé.

Son discours était d'autant plus attendu que celui de Nicolas Sarkozy, en 2007 à Dakar, avait marqué les esprits: il avait affirmé que l'homme africain n'était "pas assez entré dans l'histoire". Sous le regard de sa compagne Valérie Trierweiler, à ses côtés pendant ce voyage, M. Hollande s'est refusé à toute référence explicite à son prédécesseur, pendant son discours régulièrement ponctué par les applaudissements des parlementaires.

Le président français a expliqué avoir fait étape au Sénégal car ce pays constitue un "exemple" en matière de transition démocratique. Le chef de l'Etat doit se rendre samedi au XIVe sommet de la Francophonie organisé à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Un pays dans lequel l'élection de 2011, qui a vu Joseph Kabila l'emporter, a été entachée de fraudes dénoncées par la communauté internationale.

"Il n'y a pas de développement économique ni de vrai progrès social sans démocratie", a souligné François Hollande à Dakar.

"La meilleure raison, la plus sûre raison même de ma présence ici, c'est que je veux vous parler de l'avenir", a-t-il expliqué. "L'Afrique est la jeunesse du monde, elle est aussi une terre d'avenir pour l'économie mondiale".

"Ce continent a tous les atouts pour être demain le continent de la croissance, du développement et du progrès", a-t-il estimé.

Et de faire cette promesse: "dans ces grandes négociations qui ont lieu aujourd'hui sur le commerce, le climat, les questions économiques, vous êtes nos premiers partenaires, et la France sera votre premier allié".

"J'ai confiance, l'Afrique est en marche", a-t-il ajouté, plaidant pour que le continent fonde son développement sur les principes de "transparence", de "bonne gouvernance" et d'"égalité".

Le chef de l'Etat a notamment salué l'initiative lancée par son homologue sénégalais Macky Sall de récupération des "biens mal acquis" -qui ont conduit à l'enrichissement de certains dirigeants africains et de leur entourage. Il a insisté sur la lutte contre la corruption: "nous devons être (...) implacables face à ceux qui viennent chercher des contrats en ne négligeant aucun moyen de pression ou d'influence".

"Le temps de ce que l'on appelait autrefois la Françafrique est révolu", a-t-il promis -comme l'avait fait avant lui Nicolas Sarkozy. "Les émissaires, les intermédiaires, les officines trouvent désormais porte close à la présidence de la République française", a-t-il affirmé.

Un peu plus tôt, lors de sa conférence de presse, François Hollande a dit porter à Dakar un message de "confiance dans le Sénégal et sa démocratie", une "confiance dans l'Afrique et dans son économie", à l'issue de son entretien au palais présidentiel avec M. Sall.

Arrivé vendredi en fin de matinée à Dakar, il a été accueilli par plusieurs centaines de personnes venues se placer sur le passage de la voiture décapotable où il avait pris place avec son homologue sénégalais. Certaines agitaient des panneaux sur lesquels était imprimé ce slogan: "le décollage de l'Afrique, c'est maintenant". "C'est toute la France qui se sentait accueillie, honorée, fêtée", s'est réjoui le chef de l'Etat.

Le président français, accompagné par Valérie Trierweiler, s'est rendu en fin d'après-midi sur l'île de Gorée, lieu de mémoire de la traite négrière. Il devait aussi rencontrer les étudiants d'un centre de formation, avant de s'adresser à la communauté française réunie à la Résidence de France, dans la soirée.

sc-AP/mw

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