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EXCLUSIF AFP - Tunisie: une première version de la constitution débattue en novembre

12/10/2012 02:43 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

Un premier débat sur la nouvelle Constitution tunisienne aura lieu à l'Assemblée nationale constituante (ANC) en novembre et des élections se tiendront avant l'été 2013, a estimé le président de l'ANC, Mustapha Ben Jaafar, alors que les travaux sur le texte s'éternisent.

"Je pense que raisonnablement (...), on aura des élections avant l'été 2013", a estimé M. Ben Jaafar dans un entretien avec l'AFP.

Il a estimé qu'une première mouture de la Constitution serait soumise "en novembre" à l'ANC en séance plénière et que les élus débattraient ensuite article par article cette loi fondamentale qui doit être à terme adoptée par une majorité des deux tiers.

"Même si on peut entamer ce débat-là en décembre si tout va bien, a priori le mois de janvier serait plus raisonnable pour le débat article par article" a ajouté M. Ben Jaafar.

Lors de l'élection de l'assemblée le 23 octobre 2011, les principales forces politiques s'étaient engagées à rédiger la Constitution en un an, et une partie de l'opposition juge dès lors que l'ANC et le gouvernement dominé par les islamistes perdront leur légitimité à cette date anniversaire.

M. Ben Jaafar, un allié de centre gauche des islamistes, a rejeté cette interprétation.

"Un certain nombre de partis se sont engagées à respecter la date d'une année (...) mais cette date est beaucoup plus incitative que limitative. Cela ne peut être le point de départ d'une fin de légitimité", a-t-il dit.

"L'assemblée est totalement souveraine pour fixer son rythme de travail et ses objectifs", a-t-il insisté.

"Rien n'empêche l'ANC d'aller et de rester encore des années, mais il y a un engagement politique et moral quand même des principaux partis du pays" pour aboutir à un texte rapidement, a conclu le responsable.

Le principal point d'achoppement reste la question du futur régime politique, les islamistes insistant sur un modèle parlementaire alors que les autres formations réclament un système laissant d'importantes prérogatives au chef de l'Etat.

"J'ai bon espoir pour que le compromis soit trouvé", a assuré M. Ben Jaafar.

Le Premier ministre Hamadi Jebali, un islamiste, a promis d'annoncer le 18 octobre un nouveau calendrier d'adoption de la Constitution ainsi que la date des prochains élections.

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