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Débat des vice-présidents: Biden et Ryan s'affrontent sur tous les sujets

12/10/2012 10:44 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST

WASHINGTON - WASHINGTON (Sipa) — Le vice-président sortant, Joe Biden, et Paul Ryan, son adversaire républicain, se sont affrontés sans répit lors de leur unique débat avant la présidentielle du 6 novembre. Sur l'économie et la politique étrangère, ils ont exposé leurs divergences, Joe Biden ne se privant pas de qualifier de "bobards" certains propos de Paul Ryan.

"Ce n'est qu'un tas de bobards", a lancé Biden à Ryan lorsque celui-ci a voulu voir dans l'attaque du consulat de Benghazi en Libye, dans laquelle quatre Américains, dont l'ambassadeur, sont morts le 11 septembre dernier, la preuve de "l'échec de la politique étrangère d'Obama".

Joe Biden, 69 ans, a assuré d'"les auteurs (de l'attaque) seraient traduits en justice". Il a aussi fait remarquer que Barack Obama avait tenu sa promesse de mettre fin à la guerre en Irak, et que le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, avait été tué dix ans après les attentats du 11 septembre 2011, alors que Mitt Romney avait dit qu'il n'aurait pas mené une telle traque.

"Je sais que vous êtes très stressé car vous devez regagner du terrain mais je pense que les gens comprendraient mieux si l'on ne s'interrompait pas sans cesse", a ironisé Paul Ryan, 42 ans, faisant allusion à la progression de Mitt Romney dans les sondages depuis sa bonne prestation au premier débat présidentiel le 3 de ce mois.

A Danville, dans le Kentucky, les deux candidats à la vice-présidence se sont également affrontés sur l'Iran, Ryan soulignant que trois séries de sanctions avaient été adoptées sous la présidence du républicain Georges W. Bush pour stopper le développement nucléaire du pays, contre une seulement sous Obama. Biden a répliqué qu'il s'agissait des sanctions les plus dures de l'histoire.

Les débats entre colistiers ne sont généralement pas si cruciaux, mais cette fois, à moins d'un mois du jour J, Biden était très attendu pour tenter de réparer les dégâts causés dans l'opinion par la performance plutôt terne d'Obama face à Romney à Denver.

Le vice-président a honoré sa réputation de franc-parler en rappelant notamment, contrairement à Obama la semaine dernière, les propos de Mitt Romney, filmé à son insu, sur les 47% d'Américains qui se considéreraient comme des victimes ayant droit à l'aide fédérale. "Ces gens, ce sont ma maman et mon papa", a-t-il lancé.

A quoi Ryan a répliqué que son colistier avait déjà répondu qu'il s'était mal exprimé et se préoccupait de "100% des Américains". "Je pense que le vice-président sait très bien que parfois les mots que l'on dit ne sont pas ceux que l'on voulait dire", a-t-il ironisé, faisant allusion au passé de gaffeur de Biden.

En ce qui concerne le mauvais état de l'économie, priorité de cette campagne, Paul Ryan a souligné que, malgré la baisse du chômage, repassé au-dessous des 8% en septembre, 23 millions de personnes cherchaient du travail et 15% des Américains vivaient dans la pauvreté. "Ca ne ressemble à une vraie reprise", a fustigé le républicain. "Où sont les 5 millions d'emplois verts (que vous aviez promis)?".

Mais lorsqu'il est revenu sur le projet républicain de financer la baisse des impôts par la suppression des niches fiscales bénéficiant aux plus aisés, Joe Biden a sauté sur l'occasion pour rappeler que Mitt Romney trouvait "juste" son imposition de seulement 14% sur ses 20 millions de dollars de revenus. "Vous pensez que ces types vont aller supprimer ces niches fiscales?", s'est indigné le vice-président. Ryan a répondu que Romney et lui trouvaient "suffisant" de "taxer les familles et les entreprises à 28%".

La santé a donné lieu à une nouvelle passe d'armes. Paul Ryan a affirmé que la réforme "Obamacare" avait privé le programme de santé Medicare pour les personnes âgées de 716 millions de dollars et créé un conseil qui pourrait refuser des soins. Les démocrates "n'ont pas proposé de solution crédible", a-t-il dit, les accusant de caricaturer le projet républicain pour "essayer de faire peur aux gens".

Joe Biden a riposté en soulignant que son interlocuteur avait validé deux propositions ne garantissant pas que les allocations publiques couvriraient la totalité des soins des personnes âgées. Et pour cause, a-t-il dit: sinon les objectifs d'économie ne seraient pas atteints.

Vers la fin du débat, les candidats, ont été interrogés sur l'avortement, en tant que catholiques. Joe Biden a répondu qu'il pensait que la vie débutait à la conception mais refusait d'imposer les vues de l'Eglise "aux autres". Paul Ryan a quant à lui réaffirmé son opposition à l'interruption volontaire de grossesse, ne voyant pas "comment une personne peut faire la distinction entre sa vie publique et sa vie privée ou sa foi", mais il a assuré que l'administration Romney ferait exception pour les cas de viol, d'inceste ou de danger pour la vie de la mère.

Malgré l'intense préparation des deux candidats à la vice-présidence, la spontanéité était au rendez-vous. Biden a saisi toutes les occasions de défendre la ligne politique de son parti et d'attaquer son adversaire, et Ryan, moins aguerri à l'exercice, n'a pas été en reste. Les principales questions ont été abordées, éclairant les téléspectateurs sur les différences de fond entre les deux programmes présidentiels.

Selon un sondage CNN réalisé après le débat, Paul Ryan dispose d'une légère avance sur Joe Biden avec 48% d'intentions de vote contre 44% parmi les électeurs probables, mais l'écart reste dans la marge d'erreur.

AF/AP-v/st

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