NOUVELLES

Cyber-attaques: Washington soupçonne des pirates iraniens, selon un responsable

12/10/2012 02:39 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST

WASHINGTON - Un ancien haut responsable gouvernemental américain affirme que les autorités fédérales sont persuadées de la responsabilité de pirates informatiques iraniens, probablement soutenus par Téhéran, dans de récentes cyber-attaques contre des groupes pétroliers et gaziers dans le golfe Arabo-persique. Elles y verraient des représailles à la dernière série de sanctions prises par les États-Unis contre l'Iran.

Cette source ayant requis l'anonymat s'en est ouverte jeudi soir à l'agence Associated Press, peu avant que le ministre de la Défense, Leon Panetta, fasse pour la première fois publiquement état des piratages informatiques, précisant qu'ils étaient probablement les plus destructeurs qu'ait jamais connus le secteur.

Leon Panetta n'a pas explicitement impliqué l'Iran dans les cyber-attaques, mais il a averti que les États-Unis avaient développé des techniques avancées pour identifier les «hackers» et étaient prêts à réagir à ces piratages. Il a ajouté un peu plus tard que Téhéran avait «mis en oeuvre des efforts concertés pour exploiter le cyber-espace à son profit».

Un autre haut responsable américain a en outre déclaré que l'administration Obama connaissait les auteurs des cyber-attaques et que leur origine était gouvernementale.

Les agences américaines qui ont participé aux enquêtes ont conclu que le degré de sophistication du piratage montrait un certain degré d'implication d'un gouvernement, d'après l'ancien haut fonctionnaire cité plus haut.

«Leon Panetta ne le défie pas ouvertement mais je pense qu'il n'est pas loin de lancer un avertissement très clair (à l'Iran): nous savons qui est l'auteur de l'attaque, peut-être devriez-vous réfléchir à deux fois avant de recommencer», analyse James Lewis, du Centre d'études stratégiques et internationales. «Je pense que les Iraniens liront entre les lignes et réaliseront qu'il leur adresse un message», conclut cet expert de la cyber-sécurité.

Pour James Lewis, les déclarations de Leon Panetta marquent une étape importante aux États-Unis, car la cyber-menace iranienne est la nouvelle dimension d'un conflit avec l'Iran qui dure depuis 30 ans, et contre laquelle nous sommes mal préparés. Il est très important de les en informer. Deux autres hauts responsables de la Défense américaine ont déclaré que l'information avait été déclassifiée, permettant à Leon Panetta de faire ces déclarations publiques à propos des cyber-attaques du golfe Arabo-persique.

Ces responsables ont ajouté que le Pentagone était particulièrement préoccupé par le progrès du savoir-faire informatique iranien, ainsi que par les menaces de la Chine et de la Russie souvent évoquées.

Les cyber-attaques ont touché la compagnie pétrolière saoudienne Aramco et le producteur de gaz naturel qatari Rasgas via un virus informatique appelé Shamoon, capable de contaminer tous les ordinateurs d'un même réseau et d'effacer les fichiers d'un ordinateur en les écrasant.

Leon Panetta a affirmé que le virus Shamoon avait remplacé des fichiers informatiques cruciaux de la compagnie Aramco par l'image d'un drapeau américain en feu. Il a ajouté que le virus avait effacé toutes les données du système, mettant 30 000 postes informatiques hors service. Le Qatar a subi des attaques d'un type similaire.

La Défense américaine investit plus de 300 milliards $ par an dans la cyber-sécurité, selon le secrétaire à la Défense. Les autorités américaines ont averti à plusieurs reprises que des hackers étrangers s'immisçaient dans les réseaux d'infrastructures américaines cruciales comme les centrales électriques, les transports ou la finance.

PLUS:pc