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Avec la crise, les coopératives se rêvent en alternative au capitalisme

12/10/2012 09:56 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST

Les coopératives se sont rêvées en alternative au capitalisme, lors d'un premier sommet international à Québec (Canada), estimant qu'avec leur croissance "qualitative" elles pouvaient constituer le rempart le plus sûr aux crises financières.

Le système coopératif est "trop souvent caricaturé ou ignoré par les économistes, les universités et les gouvernements", alors qu'il existe depuis trois siècles, a estimé Michel Lafleur, auteur d'une étude sur ce modèle.

Le modèle coopératif est pourtant "une solution à la portée de tous" alors que l'économie mondiale continue à subir les contre-coups de la crise de la dette en Europe et du ralentissement mondial, ont assuré jeudi les 2.800 participants à ce congrès, venus de 91 pays, dans leur déclaration finale.

Quelques 100 millions de personnes travaillent à travers le monde dans une entreprise organisée sur ce modèle, selon plusieurs études présentées à ce sommet, qui s'est tenu de lundi à jeudi dans la capitale de la province canadienne francophone.

Avec 725 millions de membres, les 300 plus grandes coopératives et mutuelles constitueraient "la 9e économie mondiale (...) si elles formaient un pays", a souligné une étude de l'université de Sherbrooke au Québec.

Président de la fédération nationale du Crédit Agricole, un réseau de banques françaises qui constitue la plus importante coopérative au monde avec sept millions de sociétaires, Dominique Lefebvre abonde: "les coopératives ne sont pas assez dans la lumière de l'économie mondiale".

Pourtant, a fait valoir Michel Lafleur, les coopératives et les mutuelles "traversent mieux les crises que les autres entreprises" et peuvent donc parvenir à "assurer une régulation et une stabilité économique et sociale".

Pour l'économiste et écrivain français Jacques Attali, qui a donné une conférence mercredi, la mondialisation "est la cause profonde de toutes les crises" car elle se fait "sans Etat de droit".

"Le modèle coopératif est un modèle d'avenir parce qu'il arrive à concilier l'économie de marché et la démocratie. Et il crée ces conditions de compatibilité à l'intérieur même de l'économie de marché", a avancé l'ancien conseiller de l'ex-président socialiste français François Mitterrand.

"Les coopératives font partie de cette économie positive qui a vocation --si les choses tournent bien-- à remplacer le capitalisme classique", a estimé M. Attali, qui a été chargé jeudi par le président François Hollande d'établir un rapport sur "l'économie positive et responsable".

Reste que pour Dominique Lefebvre, du Crédit Agricole, il ne faut pas avoir peur de faire évoluer le modèle coopératif pour permettre son développement.

"J'ai entendu les peurs de l'effet d'hybridation, quand certaines coopératives créent des sociétés par actions pour se développer: je ne les partage pas. Les deux modèles peuvent coexister et sont même complémentaires", a-t-il déclaré à l'AFP.

La déclaration finale du sommet sera encore "enrichie" puis présentée fin octobre à l'assemblée générale de l'Alliance coopérative internationale (ACI), à Manchester (Royaume-Uni), avant d'être transmise aux Nations unies.

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