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Argentine: la Cour accorde le droit d'avorter à une victime de prostitution

12/10/2012 01:13 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST

BUENOS AIRES, Argentine - La Cour suprême d'Argentine a autorisé une femme victime de prostitution forcée à avorter, une décision saluée vendredi par les défenseurs des droits des femmes.

L'Argentine autorise l'avortement dans les cas de viol ou de danger pour la santé de la mère. Mais les hommes politiques, les médecins et les juges continuent de refuser ce droit malgré une décision de la Cour suprême, en mars, censée supprimer les obstacles à l'avortement et retirer les juges du processus.

Dans l'affaire traitée par la Cour suprême, une juge était tout de même intervenue, déclarant qu'il n'y avait aucune preuve de viol même si la femme de 32 ans avait été enlevée et contrainte à se prostituer. La Cour suprême a annulé jeudi soir la décision de la juge et obligé les professionnels de santé à pratiquer de toute urgence un avortement sur la jeune femme, dont la grossesse entrait dans sa 10e semaine. L'avortement devait être pratiqué vendredi en début de journée, mais les avocats de la victime n'ont pas donné d'informations là-dessus.

La décision de la Cour suprême, adoptée par six juges sur sept, blâme également le maire de Buenos Aires, Mauricio Macri, ainsi que la juge, Miriam Rustan de Estrada, déclarant qu'ils avaient révélé des détails de l'affaire ayant permis à des manifestants anti-avortement de se réunir devant l'hôpital public où elle devait subir l'intervention et plus tard devant chez elle.

Pablo Vicente, l'avocat de la plaignante, a expliqué à l'agence Associated Press que le personnel de l'hôpital avait fourni des informations personnelles sur la jeune femme aux manifestants. Au lieu d'aider la victime, l'aumônier de l'hôpital avait rejoint les rangs des manifestants, a ajouté Me Vicente, qui a poursuivi en justice le groupe et le directeur de l'hôpital pour violation de la vie privée et menaces de mort.

Les données du ministère de la Santé argentin montrent que 80 000 femmes sont hospitalisées chaque année pour des complications résultant d'avortements illégaux, et suggèrent que 500 000 femmes y ont recours, a déclaré vendredi la militante du droit des femmes Estela Diaz.

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