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Ai Weiwei critique l'attribution du Nobel de littérature à Mo Yan

12/10/2012 06:56 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST

BERLIN - L'artiste dissident chinois Ai Weiwei critique l'attribution du prix Nobel de littérature à son compatriote Mo Yan car il est, selon lui, trop éloigné de la réalité de la Chine d'aujourd'hui.

Dans une entrevue publiée vendredi par le quotidien allemand Die Welt, M. Ai a déclaré qu'il n'acceptait pas l'attitude politique de Mo Yan et que, s'il était probablement un bon écrivain, ce n'était pas un intellectuel qui pouvait représenter la Chine actuelle.

Il a ajouté que donner le prix Nobel à quelqu'un qui était aussi déconnecté de la réalité était une façon de faire arriérée et dépourvue de sensibilité, mais a précisé qu'il félicitait néanmoins son compatriote.

Ai Weiwei dénonce les injustices de la société chinoise à travers ses oeuvres et réclame l'État de droit, ainsi que davantage de transparence.

L'an dernier, il a été emprisonné sans motif pendant trois mois, et condamné, après sa libération, à payer l'équivalent de 2,2 millions $ en arriérés d'impôts et en amendes.

Le chef de la propagande du Parti communiste chinois (PCC) a par ailleurs félicité Mo Yan, soulignant que son prix démontrait l'influence grandissante de la Chine sur la scène internationale.

Selon l'agence de presse officielle Chine nouvelle, Li Changchun a écrit une lettre à l'Association des écrivains de Chine dans laquelle il estime que cette accolade «reflète la prospérité et les progrès de la littérature chinoise, ainsi que l'influence grandissante de la Chine».

Mo Yan est membre du PCC et vice-président de l'Association des écrivains.

De nombreux quotidiens consacraient leur une de vendredi au Nobel de littérature. Les médias chinois ont unanimement salué la distinction de Mo Yan, 57 ans, tandis que ses détracteurs lui reprochaient de ne pas affronter plus directement un gouvernement qui censure durement les artistes et punit ceux qui désobéissent.

Ces réactions enthousiastes contrastent avec les vives critiques de Pékin lors de l'attribution du Nobel de littérature au Français d'origine chinoise Gao Xingjian en 2000 et surtout quand le Nobel de la paix était allé au dissident emprisonné Liu Xiaobo en 2010.

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