Surpoids, obésité: les mauvaises habitudes des jeunes en matière d'alimentation

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Un jeune sur cinq a un problème de surpoids ou d'obésité | Alamy

ALIMENTATION - Si de nombreuses enquêtes ou publications analysent la prévalence des problèmes de surpoids ou d'obésité chez l'enfant et chez l'adulte, peu se sont intéressées à la population des 15-25 ans. Mieux les connaître, c'est tout l'objet de l'enquête sur les habitudes de vie des jeunes qui les exposent au surpoids et à l'obésité, réalisée pour Doing Good Doing Well, par l'insitut Ipsos et Logica Business Consulting.

L'enquête a été menée auprès de 1000 jeunes âgés de 15 à 25 ans, interrogés entre le 15 et 25 septembre 2012 selon la méthode des quotas Insee : sexe, âge, profession de la personne de référence du foyer, région et catégorie d'agglomération. Principal constat: un jeune sur cinq est en surpoids ou obèse. Une réalité qui s'explique par de mauvaises habitudes de vies, et en particulier par de mauvaises habitudes alimentaires. "Il faut changer radicalement de dimension en matière de lutte contre le surpoids et l'obésité qui atteignent les jeunes", déclare Hélène Roques, présidente de l'initiative Doing Good Doing Well.

Une alimentation déstructurée

Ne pas s'arrêter pour déjeuner, c'est l'une de ces mauvaises habitudes qui sont le principal intérêt de cette enquête. Une impression de déjà vu? Détrompez-vous, celles-ci ne se limitent pas au grignotage. Ainsi, plus de six jeunes sur dix disent manger une fois sur deux leur repas devant un écran. Or, devant la télévision ou un ordinateur, nous ressentons beaucoup moins cette sensation de satiété. De la même manière, 54% d'entre eux, déclarent ne pas au manger un repas sur deux à heure fixe. Or, manger à heure fixe permet d'encadrer sa consommation alimentaire, et de ne pas se disperser en grignotage.

Autre enjeu, le temps consacré aux repas. 39% des 15-25 ans consacrent 5 minutes ou moins au petit-déjeuner, 31% prennent moins de 15 minutes pour déjeuner quand plus d'un sur cinq (21%) dînent en moins de 20 minutes. Une rapidité d'exécution qui peut expliquer le développement de mauvaises habitudes alimentaires en périphérie des repas.

Près d'un 15-25 sur deux déclare ne pas prendre son petit-déjeuner au moins un matin sur deux. Ils sont autant à manger seul au cours d'un repas sur deux, et 26% à sauter au moins un repas sur deux. Le constat est donc celui de pratiques alimentaires déstructurées, bousculées par la vie professionnelle, les écrans, et par une absence de conscience des enjeux directement ou indirectement liés à l'alimentation tels que le manque de sommeil.

La fin d'un modèle?

Les résultats de cette enquête mettent à mal une spécificité dont la France aime se targuer lorsqu'on la compare, par exemple, aux Etats-Unis. Le mois dernier, une étude du CREDOC, expliquait que le triptyque petit-déjeuner, déjeuner, dîner faisait figure de rempart contre une alimentation riche en gras. Celui-ci semble mis à mal par les résultats de cette enquête. Le modèle français du repas pris à plusieurs, à la même heure tous les jours tendrait à limiter les comportements individualistes qui caractérisent l'alimentation des américains. D'autres études montrent au contraire l'inverse et proposent de manger neuf fois par jour, mais à condition de ne pas manger n'importe quoi. Cette étude montre qu'on en est loin.

Face à ces enjeux et les habitudes de vies qui favorisent le surpoids et l'obésité, l'enquête prouve que tous les jeunes ne sont pas égaux. La proportion de jeunes en état de surpoids ou d'obésité est de un sur dix au sein des foyers les plus aisés, ceux dont le revenu net mensuel est supérieur à 3000 euros. Parmi les foyers les plus modestes, dont le revenu est inférieur à 1250 euros, ce chiffre grimpe à 4 sur 10. Pas étonnant lorsqu'on sait que les jeunes issus des foyers les plus aisés pratiquent davantage une activité sportive. Mais au-delà de la pratique, l'enquête souligne aussi un problème culturel: l'alimentation n'est pas un poste prioritaire dans les dépenses des jeunes qui font passer les vêtements et la téléphonie avant le contenu de leurs assiettes.

LIRE AUSSI:

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